LIBYE

À Benghazi, "l’armée de Kadhafi n’inquiète personne"

Alors que la télévision libyenne affirme que la fin de l’insurrection est proche, dans la ville frondeuse de Benghazi notre Observateurs dit ne pas se sentir menacé.

Publicité

 

Alors que la télévision libyenne affirme que la fin de l’insurrection est proche, dans la ville frondeuse de Benghazi, notre Observateur dit lui ne pas se sentir menacé.

 

Nous recevons des informations contradictoires sur les progrès de la contre-offensive de l’armée de Mouammar Kadhafi.

 

Mardi, les médias libyens et internationaux affirmaient que la ville d’Ajdabiah, à 175km au sud de Benghazi, était repassée sous le contrôle des forces gouvernementales après un assaut appuyé par l'aviation et l'artillerie lourde. Selon un journaliste de l’AFP, les habitants ont ensuite quitté la ville en masse. Une avancée importante car elle pourrait ouvrir la route de Benghazi, deuxième ville du pays et bastion des insurgés.

 

Le porte-parole du Conseil national de transition a démenti les informations données par les médias officiels, affirmant que la ville d’Ajdabiah était "toujours aux mains des révolutionnaires". Il a toutefois reconnu qu’un avion des forces loyalistes avait bombardé l’aéroport de Benina à Benghazi ce matin, endommageant deux avions et la piste d’atterrissage.

 

"Je vais même prendre le temps d’aller me faire couper les cheveux"

Milad C. est le créateur de la première page Facebook qui a appelé à une "journée de colère" le 17 février. Il a monté sa page depuis la Suisse, mais est aujourd’hui à Benghazi pour soutenir l’insurrection.

 

La situation est très calme. Tous les magasins sont ouverts. Je vais même prendre le temps d’aller me faire couper les cheveux.

 

Journée calme hier à Benghazi. Vidéo filmée par Milad et postée sur sa page Facebook.

 

La journée d’hier a été marquée par beaucoup de bonnes nouvelles. En fin d’après-midi, les insurgés ont repris la ville d’Ajdabiah aux mains des troupes de Kadhafi. Ils ont récupéré sept chars en bon état. A Tobrouk, les insurgés ont mis la main sur des bateaux militaires, ce qui leur a permis d’intercepter un navire grec qui transportait 23 000 tonnes d’essence achetées par les autorités libyennes. Depuis, le litre d’essence est passé de 25 à 15 centimes le litre dans la ville. Le bateau, qui s’appelait "les lumières de l’Afrique", a été rebaptisé "17 février" [journée de manifestation qui a marqué le début de l’insurrection] et l’opération portait le nom de "Ali Hassan al-Jaber", en hommage au journaliste d’Al-Jazeera tué dans une embuscade près de Benghazi. Et puis le fait que les autorités libyennes achètent de l’essence à l’étranger, acheminée par un bateau grec, montre que vraiment cela va mal pour eux !

 

La seule chose qui nous inquiète aujourd’hui, c’est que le conflit dure et que nous manquions de vivres. Mais pour l’heure, tout va bien. Je suis persuadé que les soldats d'en face n’ont pas envie de se battre. Sauf les mercenaires qui se battent pour l’argent. Nous, on se bat par conviction."

Sur ces images filmées hier soir dans la ville d’Ajdabiyah, des insurgés montent sur des chars de l’armée de Kadhafi après une journée de bataille.

 

Billet écrit avec la collaboration de Ségolène Malterre, journaliste à France 24.