CHINE

“Répétez après moi” : petite leçon de journalisme à la chinoise

Interrogé par un journaliste sur l’état de ses récoltes, ce paysan chinois ne répond pas clairement. Qu’à cela ne tienne, le journaliste est là pour lui faire répéter ses répliques.

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Interrogé par un journaliste sur l’état de ses récoltes, ce paysan chinois ne répond pas clairement. Qu’à cela ne tienne, le journaliste est là pour lui faire répéter ses répliques. Moteur…Action !

 

Cette vidéo fait s’esclaffer les internautes chinois. Il s’agirait de rushs d’un reportage tourné dans la ville de Baoding dans la province de Hebei (nord du pays). Le paysan a un accent qui ne semble pas convenir au journaliste, qui lui fait répéter sept fois la phrase : "Cette année, les fruits du verger n’ont pas été particulièrement abîmés par la grêle". Le début du dialogue ayant été coupé, il est difficile de dire si la phrase que répète le paysan est bien de lui ou si elle lui a été soufflée par le journaliste.

 

La vidéo a été postée sur  YouKu.

Billet écrit avec la collaboration de Ségolène Malterre, journaliste à France 24.

"Certains reporters se sont habitués à 'aider' les gens à exprimer leur 'satisfaction'"

Lan (pseudonyme) est journaliste à Pékin.

 

Cette vidéo est plutôt drôle. Mais si la vidéo a beaucoup circulé, ce n’est pas parce qu’elle montre un journaliste qui manipule la personne qui l’interviewe, mais plutôt parce que le vieil homme a énormément de difficulté à répéter les mots, à cause de son accent.

 

Les Chinois sont habitués à des médias qui font la propagande du gouvernement. Le bulletin de 19h de la chaîne d’État CCTV est plein de ces "informations" sélectionnées et orientées. Dans ce programme, les interviews ont pour unique but d’exprimer l’excellence de la politique menée par le gouvernement. Et pour atteindre cet objectif vite fait et bien fait, certains reporters se sont habitués à ‘aider’ les gens à exprimer leur ‘satisfaction’.

 

En Chine, les gens n’ont que les médias officiels pour s’informer sur la politique du gouvernement, mais au final, la plupart d’entre eux se moquent de savoir si ce que disent les journalistes est vrai.

 

Décrypter la propagande nécessite un savoir-faire que tout le monde n’a pas."