LIBYE

Des médecins égyptiens volent au secours des Libyens de l’Est

 Des médecins égyptiens ont lancé une opération visant à acheminer du matériel médical depuis la frontière égyptienne vers l’est de la Libye, une région qui semble s'être émancipée du régime en place depuis les soulèvements populaires de la semaine dernière. Les premiers convois de médicaments pour Benghazi ou Al-Baïda ont déjà traversé Saloum, le poste-frontière.

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Des médecins égyptiens ont lancé une opération visant à acheminer du matériel médical depuis la frontière égyptienne vers l’est de la Libye, une région qui semble s'être émancipée du régime en place depuis les soulèvements populaires de la semaine dernière.

 

Quand Benghazi, la deuxième ville du pays, est tombée, dimanche, aux mains des manifestants, un groupe de médecins égyptiens a lancé un appel à la solidarité, sur le réseau social Facebook, pour collecter des médicaments et du matériel de soins. Leur but : aller prêter main forte à leurs confrères libyens dans l’est de la Jamahyriya. En moins d’une semaine, la page Facebook intitulé "Les Égyptiens soutiennent la révolution libyenne" a rassemblé plus de 19 000 membres.

 

Les allées et venues à la frontière avec l’Égypte sont désormais contrôlées par les insurgés. Les premiers convois de médicaments pour Benghazi ou Al-Baïda ont déjà passé Saloum, le poste-frontière.

 

Des volontaires égyptiens collectent du matériel médical. Photo publiée sur Facebook

"Nous voulions emprunter la route principale pour légitimer le fait que les habitants contrôlent désormais la région"

Ehab Mesallum est l'un des médecins participant à l'opération. Neuro-chirurgien au Caire, il organise depuis trois jours le recrutement et l'acheminement du personnel soignant et du matériel médical en Libye. Il administre la page Facebook "Les Égyptiens soutiennent la révolution libyenne".

 

Photo publiée sur Facebook.

 

Quand on a entendu ce qui s’était passé à Benghazi, on a créé une page Facebook. En quelques jours, 19 000 personnes se sont inscrites pour nous aider à collecter les dons et les faire entrer en Libye. Des syndicats et des avocats aussi nous ont contactés pour demander comment ils pouvaient nous aider.

 

Le premier convoi est parti dimanche. Malheureusement, quand on s’est retrouvés au poste-frontière de Saloum, seuls le matériel et les médicaments sont passés. L’armée égyptienne ne voulait pas laisser traverser les médecins.

 

Un volontaire égyptien charge du matériel médical à destination de la Libye. Photo extraite de la page Facebook "Les Égyptiens soutiennent la révolution égyptienne".

 

Des bédouins se sont proposés pour aider les médecins à entrer en Libye par le désert. Ils n’ont pas demandé d’argent, ni quoi que ce soit d’autre. Ils voulaient seulement nous aider. Beaucoup d’entre eux sont issus de familles mixtes, moitié libyenne, moitié bédouine. Mais nous ne voulions pas entrer dans le pays par le désert. Nous essayons d’aider l’Est et nous voulions emprunter la route principale pour légitimer le fait que les habitants contrôlent désormais la région.

 

Quand les militaires égyptiens l'ont compris, ils ont finalement accepté notre demande et bien voulu laisser passer un deuxième convoi avec des médecins. Nous savions que plus personne [du gouvernement de Kadhafi] ne contrôlait plus l’autre côté. Le peuple libyen doit savoir que nous, Égyptiens, sommes leurs frères et sœurs, et que nous venons pour les aider. Nous avons d'ailleurs prévu d’envoyer un convoi par jour."

 

Billet rédigé avec la collaboration de Romina Ruiz-Goiriena, journaliste à France 24.