Libye

Les habitants de Tripoli se barricadent chez eux

Alors que l’est de la Libye semble acquis aux insurgés, les heurts entre forces de l’ordre et opposants au régime se poursuivent dans l’ouest du pays, principalement à Al-Zaouiyah et à Tajoura, une banlieue de Tripoli. La capitale libyenne, quant à elle, a depuis deux jours des allures de ville fantôme. Malgré le calme relatif qui règne dans les rues, la tension reste palpable

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Vue de l'avenue Al-Madar, photo publiée sur Facebook.

 

Alors que l’est de la Libye semble acquis aux insurgés, les heurts entre forces de l’ordre et opposants au régime se poursuivent dans l’ouest du pays, principalement à Al-Zaouiyah et à Tajoura, une banlieue de Tripoli. La capitale libyenne, quant à elle, a depuis deux jours des allures de ville fantôme. Malgré le calme relatif qui règne dans les rues, la tension reste palpable comme le raconte notre Observateur.

Avenue Mizrane, à Tripoli.

 

Le marché Al-Mouthalath, dans le quartier de Ben Achour.Photos publiées sur Facebook.

 

Cet article a été rédigé en collaboration avec Sarra Grira, journaliste à FRANCE 24.

"On espère que l’armée qui a soutenu les manifestants dans d’autres villes passera ici aussi dans notre camp"

Mohamed (pseudonyme) habite Tripoli.

 

Ici, la plupart des commerces sont fermés, comme sur l’avenue Al-Madar ou le marché Al-Mouthalath, dans le quartier de Ben Achour. Seules quelques épiceries et stations-service restent ouvertes. Mais les vivres manquent cruellement : bientôt, on n’aura plus de pain ni de lait. Sur Facebook, certains expliquent la fermeture des commerces en disant qu'ils participent à une journée de désobéissance civile. Je pense, pour ma part, que les gens ont tout simplement peur et que c’est pour cela qu’ils restent chez eux. Les quelques rassemblements qui ont eu lieu ici ont été violemment réprimés.

 

Il est vrai qu’il n’y a pas eu d’affrontements depuis deux jours mais la situation est très tendue. Des groupes armés sont postés à l’entrée de la ville, d’autres la sillonnent. Les slogans et les graffitis anti-Kadhafi écrits sur les murs ont tous été effacés. À croire que celui-ci a choisi de s’assiéger lui-même à Tripoli. Après ce discours, les habitants sont convaincus que le pire reste à venir. On espère que l’armée qui a soutenu les manifestants dans d’autres villes passera ici aussi dans notre camp."