TUNISIE

Fuyant la répression de Kadhafi, des réfugiés égyptiens se retrouvent en Tunisie

 Suite à la violente répression du pouvoir libyen, des milliers de personnes ont traversé les frontières terrestres vers la Tunisie. Parmi eux,  des travailleurs tunisiens mais aussi des étrangers, notamment des Égyptiens, qui craignaient de se retrouver livrés à la police de Kadhafi.

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Suite à la violente répression du pouvoir libyen, des milliers de personnes ont traversé les frontières terrestres vers la Tunisie. Parmi eux, des travailleurs tunisiens mais aussi des étrangers, notamment des Égyptiens, qui craignaient de se retrouver livrés à la police de Kadhafi.

Des milliers de migrants ont traversé depuis trois jours le point de passage de Rass Jdir (à 30 kilomètres de la ville de Ben Guerden), dans le sud de la Tunisie. Selon des témoins sur place, il y avait notamment quelques familles libyennes fuyant le pays en voiture.

 

Mais à l’extrême sud du pays, la petite ville de Dhehiba est devenue également un point de passage entre la Tunisie et la Libye. C’est par là que les Égyptiens, que l'on voit sur cette vidéo, ont réussi à passer mardi 22 février.

 

Réfugiés égyptiens en Tunisie entourés de bénévoles tunisiens et de l'armée. Vidéo postée sur YouTube.

Cet article a été rédigé en collaboration avec Sarra Grira, journaliste à FRANCE 24.

"Les Égyptiens ont normalement besoin d’un visa pour entrer en Tunisie. Vu les circonstances, ils ont évidemment eu droit à des mesures exceptionnelles"

Mabrouk Ben Hamid est enseignant et activiste. Il est originaire de Dhehiba et se mobilise pour l’accueil des réfugiés en Tunisie.

 

Cela fait trois jours que les personnes fuyant la Libye ont commencé à affluer vers le passage de Dhehiba. Dès que l’on a appris cela, nous nous sommes mobilisés en faisant appel au Croissant Rouge [équivalent de la Croix Rouge dans le monde arabe] et aux autorités locales et régionales pour leur venir en aide. Deux bus ont également été affrétés pour le transport des réfugiés.

 

Le plus grand nombre est arrivé mardi. On a compté près de 800 Tunisiens, deux ou trois Européens et 62 Égyptiens. Le passage de ces derniers est plus encadré car, contrairement aux autres, les Égyptiens ont normalement besoin d’un visa pour entrer en Tunisie. Vu les circonstances, ils ont évidemment eu droit à des mesures exceptionnelles. Ils ne pouvaient pas rentrer chez eux car ils habitaient l’ouest de la Libye et se trouvaient par conséquent plus proches des frontières tunisiennes que des frontières égyptiennes. Leur départ s’est fait en catastrophe, la plupart d’entre eux n’avaient pour tout bagage qu’un petit sac. Ils n’ont pas eu le temps de prendre leurs affaires. Certains n’avaient même pas d’argent. Nous leur sommes venus en aide en mettant à leur disposition des tentes. Un restaurant de la ville de Dhehiba a même apporté de la nourriture pour ces réfugiés. Les soldats les ont ensuite accompagnés jusqu’à la ville de Gabès [plus au nord, à 406 kilomètres de Tunis]. De là, leur rapatriement sera organisé avec l’ambassade d’Égypte et les services du ministère des Affaires étrangères.

 

Ceux qui passent par Rass Jedira viennent essentiellement de Tripoli. Mais ceux des villes du sud-ouest de Libye passent par Dhehiba. Je pense que le sort de ces Égyptiens a spécialement touché les Tunisiens. En leur venant en aide, nous voulions aussi symboliser la solidarité entre les peuples de ces trois pays qui se sont révoltés."