IRAN

Des Iraniens défient l'interdiction de manifester

 Trois jours après la célébration du 32e anniversaire de la révolution islamique, des militants de l'opposition iranienne ont appelé, ce lundi 14 février (25 bahman dans le calendrier perse), à une journée de manifestations anti-gouvernementales à Téhéran. Malgré les craintes d'une répression policière brutale, le vent de la contestation se fait sentir dans la capitale.

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Trois jours après la célébration du 32e anniversaire de la révolution islamique, des militants de l'opposition iranienne ont appelé, ce lundi 14 février (25 bahman dans le calendrier perse), à une journée de manifestations anti-gouvernementales à Téhéran. Malgré les craintes d'une répression policière brutale, le vent de la contestation se fait sentir dans la capitale.

 

Selon des témoins et des sites d'opposition, des affrontements ont éclaté entre manifestants et policiers dans plusieurs quartiers. Des poubelles ont été brûlées et des barricades érigées autour des places Enghlab et Sadeghieh, dans le centre-ville. La police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles de peinture pour tenter de disperser la foule. Le site internet de Mir Hossein Moussavi rapporte que des dizaines de partisans de l'opposition ont été arrêtés après les affrontements.

 

Les autorités iraniennes tentent de réprimer les troubles en coupant les réseaux de téléphonie mobile, nous n'avons donc techniquement pas pu joindre de manifestants. Mais grâce aux réseaux sociaux, nous avons pu récupérer de nombreuses photos et vidéos. Voici une sélection d'informations vérifiées par nos Observateurs iraniens de confiance.

Les leaders de l'opposition, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karroubi, ont été placés en résidence surveillée. Les journalistes étrangers n'ont pas pu s'approcher des manifestants et la police anti-émeute ainsi que les milices islamistes Bassidjis ont été largement déployées dans la capitale.

 

Le 15 février à Téhéran

 

Près de la place Enghelab, les manifestants scandent : "Libérez les prisonniers politiques !", avant de devoir reculer face aux jets de gaz lacrymogènes.

 

Des manifestants place Enghelab, à Téhéran. Selon l'un de nos Observateurs, des heurts ont éclaté entre la police et les manifestants sur cette place, ainsi que place Sadeghieh et place Azadi.

 

Des habitants de Téhéran ont filmé des Bassidjis (milice islamique) se rendant à moto dans le centre de la capitale, en début d'après-midi. Les autorités iraniennes déploient massivement la police et l'armée pour étouffer toute tentative de contestation.

Billet rédigé en collaboration avec Lorena Galliot, journaliste à FRANCE 24.

 

Il y a quelques jours

Depuis quelques jours, des dizaines d'autocollants appelant à manifester apparaissent autour de la capitale iranienne. La vidéo ci-dessus montre un homme qui en colle un, discrètement, sur une voiture de police, profitant de l'animation de la rue.

Dans la nuit de samedi

Des centaines de slogans comme "Mort au dictateur" et "Allah est grand" ont retenti dans les nuits des 12 et 13 février après que des manifestants ont bravé l'interdiction de chanter une fois la nuit tombée.

Le 15 au matin

Plusieurs de nos Observateurs iraniens nous envoient cette vidéo montrant un manifestant - probablement une manifestante - qui est montée au sommet d'une grue, dans la matinée du 14 février. Une photo agrandie permet de discerner l'affiche qu'elle brandit en direction de la rue : on y voit les visages de membres de l'opposition tués lors des manifestations précédentes. La vidéo montre également la police sur le toit d'un bâtiment voisin essayant de la déloger de la grue.