ÉGYPTE

Après le départ de Moubarak, la fin des contestations ?

Malgré l’explosion de joie suscitée par l'annonce de la démission du président Hosni Moubarak, le mouvement de contestation n'est pas encore mort. Témoignage de notre Observateur devant le palais présidentiel du Caire.

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Photo publiée sur Twitter par Egyptocracy

Malgré l’explosion de joie suscitée par l'annonce de la démission du président Hosni Moubarak,  le mouvement de contestation n'est pas encore mort. Témoignage de notre Observateur devant le palais présidentiel du Caire.

Les manifestations ont fini par avoir raison du "raïs". Après 30 ans de règne sans partage, ceux que les Égyptiens appellent aussi le "pharaon" a quitté le pouvoir sous les huées des manifestants. Les protestations n’étant pas uniquement dirigées contre la personne du président mais contre tout le régime, la mobilisation continue sur la place Tahrir et devant le palais présidentiel.

"Le départ de Moubarak à lui seul ne suffit pas"

Mohamed Nounou est un habitant du quartier d’Al-Abassiya. Il a manifesté cet après-midi devant le palais présidentiel, au Caire.

 

Après le discours de Moubarak le jeudi 10 février au soir, nous étions plus que jamais décidés à en finir avec le régime de Moubarak. Des rumeurs sur une possible fuite circulant depuis hier, nous sentions que son départ était imminent.

 

En allant manifester devant le palais présidentiel, nous voulions une action symbolique qui montre que nous sommes prêts à aller jusqu’au bout et que nous ne ferons pas de concessions. Car le départ de Moubarak à lui seul ne suffit pas. Hier, sur la place Tahrir, nous avons crié : 'Des civils, pas de militaires !' Nous ne voulons pas de l’armée à la tête de l’État puisque celle-ci a toujours gouverné, de manière directe ou indirecte. Tous les présidents égyptiens depuis 1952 en sont issus et on a vu le résultat.

 

Aujourd’hui, Moubarak est parti mais le vice-président Omar Souleimane est toujours là et le pouvoir est entre les mains des forces armées. Nous ne savons peut-être pas précisément qui nous voulons à la place de Moubarak mais nous savons qui nous ne voulons pas. Nous n’accepterons que celui qui mettra en application nos revendications, à savoir des élections libres et démocratiques, la dissolution du Parlement, la réforme de la Constitution et la levée de l’état d’urgence. Nous sortons de 30 ans de dictature et nous tenons plus que jamais à notre liberté."

 

 

 Photo envoyée par notre Observateur via l'application France24 pour iphone. Un manifestant essaie d'enjamber le fil barbelé qui protège le palais présidentiel, sous le regard de la garde républicaine.