TUNISIE

Les étudiants de Tunis grossissent les rangs de la contestation

Ce matin, près de quatre semaines après le début du mouvement de protestation, les étudiants de la capitale ont pour la première fois battu le pavé. Témoignage de notre observateur, en plein cœur des manifestations.

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Ce matin, près de quatre semaines après le début du mouvement de protestation, les étudiants de la capitale ont pour la première fois battu le pavé. Témoignage de notre observateur, en plein cœur des manifestations.

 

Ce week-end, des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait 14 morts à Kasserine et Thala, deux villes du centre du pays, selon des sources officielles (20 morts selon l’opposition). Ces incidents, présentés par les autorités comme des actes de « légitime défense », n’ont fait que jeter de l’huile sur le feu. Après les lycéens, qui sont descendus dans la rue la semaine dernière, c’est au tour des étudiants de se joindre au mouvement.

"Même les étudiants les moins politisés ont répondu à l’appel "

Najib Abidi est étudiant en communication à Tunis. Lorsqu’il nous a parlé, il était dans le cortège des étudiants du plus grand campus universitaire de la capitale.

 

L’appel a été lancé hier sur Facebook. Dès ce matin, à 9 heures, de nombreux étudiants s’étaient réunis sur le parvis du campus pour aller manifester. Nous avons d’abord fait le tour des cinq facultés présentes sur le campus afin de rassembler un maximum de monde. Nous sommes ensuite sortis dans la rue. Mais la police anti-émeute nous attendait. Ils avaient reçu l’ordre de ne pas nous laisser poursuivre la manifestation dans la rue. Ils nous ont matraqués et lancés des bombes lacrymogènes. Les étudiants ont riposté par des jets de pierre. On n'a pas pu aller plus loin. Mais les manifestants ont refusé de s’en tenir là. On va essayer de retourner dans la rue.

 

Les étudiants prennent certes le train en marche. C’est parce que les émeutes ont éclaté pendant les vacances et parce que nous étions en période d’examens. Mais après ce qui s’est passé dans la nuit de samedi à dimanche, il était impensable que nous restions là sans réagir. D’ailleurs, il n’y a pas que les étudiants syndiqués qui sont là. Même les moins politisés ont répondu à l’appel car ils jugent cette situation humainement insoutenable. Nos slogans ne diffèrent pas d’ailleurs de ceux du reste de la population. Nous ne nous mobilisons pas en tant qu’étudiants, mais en tant que citoyens choqués et indignés par ce qui se passe."

 

Vidéo des manifestations ce matin à Tunis.

Cet article a été rédigé en collaboration avec Sarra Grira, journaliste à France 24.