La jeunesse russe en mal de sensations fortes peut désormais trouver son bonheur dans le "saut à la corde". Un sport extrême - et illégal - qui ressemble à s'y méprendre à du saut à l'élastique, à deux détails près : il se pratique depuis le toit d'un immeuble et avec une corde d’alpinisme, qui n'a rien d'élastique.
 
Le saut à la corde aurait été inventé par Dan Osman, un grimpeur américain amateur de sports extrêmes, le jour où il a sauté du haut d’une falaise qu’il venait d’escalader tout en étant retenu par une corde. Ce grimpeur est mort de cette passion le 23 novembre 1998, à 35 ans, alors qu’il sautait d’une falaise, dans le parc naturel de Yosemite, en Californie. Sa corde n'a pas tenu le choc.
 
Le saut à la corde, pratiqué en Russie depuis moins de deux ans, n'a fait l'objet d'aucune réglementation. Malgré l’absence d’Interdiction officielle, la police procède à la dispersion des groupes qui le pratiquent.
 
Vidéo postée sur YouTube par dsfedorovv.
 
Vidéo postée sur YouTube par TheGteamNN. Les deux vidéos ont été filmées à Nizhny Novgorod, où résident le plus grand groupe de sauteurs à la corde russe.

Saut à la corde dans les pays de l’ex URSS

A Saint-Pétersbourg. Vidéo postée sur YouTube par ff0000hate.
 
 
A Moscou. Vidéo postée sur YouTube par FlyRopeJumping.
 
 
Une femme âgée sautant à Minsk, en Biélorussie. Vidéo postée sur YouTube par alexkislov.
 
 
En Moldavie. Vidéo postée sur YouTube par 45extreme.
 

"Nous accrochons trois cordes au cas où l'une d'entre elle lacherait"

Timofei Zuev, 24 ans, est entrepreneur et pratique le saut à la corde. Il habite Nijni Novgorod.
 
Dans notre groupe, nous comptons une trentaine de membres, mais il y a entre 300 et 400 personnes qui viennent sauter avec nous occasionnellement. Une centaine d'entre elles viennent régulièrement et nous nous connaissons tous personnellement. Mais tout a commencé il y a deux ans avec seulement deux personnes, dont moi.
 
Il existe d’autres groupes, notamment à Saint-Pétersbourg, ainsi que des petits groupes à Moscou, dans Oural et en Sibérie. A Krasnoïarsk [Sud de la Sibérie], il y en a aussi quelques bons groupes qui sautent depuis une très belle gorge située pas loin de la ville.
 
Si on saute, c’est parce qu’on aime ça, un point c’est tout. Il est vrai qu’au début, nous avons été attirés par ce sport pour son côté inhabituel et  pour la montée d’adrénaline. Mais aujourd’hui, c'est devenu un moment de plaisir, tout simplement. C'est aussi sympa de le faire faire aux autres pour la première fois. A ma connaissance, depuis sa création, aucun incident ni aucun cas de blessé ou de décès n’a été recensé, si ce n’est quelques écorchures qu’on se fait occasionnellement en grimpant les escaliers de secours pour atteindre les toits des immeubles.
 
Nous préparons méticuleusement chaque saut. Les cordes doivent être à la bonne tension, correctement placées et solidement attachées. Il y a trois cordes comme ça, si une d'entre elles rompt, il y aura toujours les deux autres pour en sécurité. Il est peu probable que les trois cordes se rompent d’un coup, ça n’est jamais arrivé."
 
Cet article a été rédigé en collaboration avec Ostap Karmodi, journaliste freelance Osta Karmodi.