CÔTE D'IVOIRE

Attaque d’un bureau de Ouattara : "Les corps ont été enlevés la nuit même et, le matin, il ne restait plus que des traces de sang et des douilles par terre"

 Une intervention policière contre un bureau du parti d’Alassane Ouattara, dans la commune populaire de Yopougon, à Abidjan, a fait au moins huit morts.  

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Un mur du bureau du RDR, à Yopougon. Jeudi 2 décembre au matin.

 

Une intervention policière contre le bureau du Rassemblement des républicains (RDR), le parti d’Alassane Ouattara, dans la commune populaire de Yopougon, à Abidjan, a fait au moins huit morts. Le témoignage de notre Observateur sur place :

 

À leur arrivée, les policiers auraient essuyé des tirs à "l’arme automatique" et auraient répliqué

Quand j’ai entendu qu’il y avait eu un incident dans le quartier de Wassakara, à Yopougon, je me suis rendu sur place.

 

D’après les habitants du quartier à qui j’ai parlé, l’intervention s’est déroulée vers 23h. Les jeunes du RDR [le parti d'Alassane Ouattara] passaient la nuit au QG. Les forces de l’ordre ont d’abord frappé à la porte, mais les militants ont refusé d’ouvrir. Elles ont donc forcé le passage. Ensuite, elles ont tiré sur tout le monde [un autre de nos Observateurs, qui est entré ce matin dans le QG du RDR, rapporte que des traces de sang sont effectivement visibles partout dans les locaux].

 

On ne sait pas exactement pourquoi les forces de l’ordre ont attaqué le QG. Selon le communiqué officiel lu par le porte-parole des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci) dans le journal de 13h de la RTI, la police aurait reçu un appel anonyme lui indiquant qu’un colis suspect était caché dans le bâtiment. À leur arrivée, les policiers auraient essuyé des tirs à "l’arme automatique" et auraient répliqué. Toujours selon la version officielle, il y aurait eu 4 morts et 14 blessés. Les gens sur place parlaient d’un bilan beaucoup plus lourd. Mais les corps ont été enlevés la nuit même. Le matin, il ne restait plus que des traces de sang et des douilles par terre.

 

Sur place, l’ambiance était très tendue. Il y avait des patrouilles de militaires, de membres de la brigade anti-émeute et du Cecos [Centre de commandement des opérations de sécurité]. Il y avait aussi beaucoup de badauds. Certains étaient très en colère. Beaucoup de militants de Ouattara dorment dans les bureaux de son parti. Ils s’attendent maintenant à être attaqués."