YÉMEN

Sécurité pendant la Coupe du Golfe : "Je m’inquiète davantage d’Al-Qaïda que des séparatistes"

 Le tournoi de football de Khaliji 20, une compétition qui réunit jusqu’au 6 décembre 20 pays du Golfe, commence aujourd'hui à Aden. Pour le Yémen, souvent considéré comme une base-arrière des terroristes islamistes, le bon déroulement de cette compétition dépasse le simple enjeu sportif.  

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Le stade du 22-Mai, à Aden. Photo postées sur le site Yemen Gulf Cup 20.

 

Le tournoi de football de Khaliji 20, une compétition qui réunit jusqu’au 6 décembre 20 pays du Golfe, commence aujourd'hui à Aden. Pour le Yémen, souvent considéré comme une base-arrière des terroristes islamistes, le bon déroulement de cette compétition dépasse le simple enjeu sportif.

 

En effet, ce ne sont pas les menaces qui manquent au Yémen : affrontements entre rebelles houthis (chiites) et tribus soutenues par l’armée dans le nord du pays, séparatistes qui ont promis du grabuge lors du tournoi dans le sud... le tout ponctué par les attaques d’Al-Qaïda qui n’en finissent pas de fragiliser le régime d’Ali Abdallah Saleh. 

 

Pourtant, rien de tout cela n’a dissuadé Sanaa d’organiser le tournoi Khaliji 20, un défi que le gouvernement se devait de relever pour redorer son blason. Les organisateurs sont allés jusqu’à décréter la gratuité de la première journée de la compétition. Au programme du jour : la cérémonie d’ouverture et le déroulement des deux premiers matchs entre le Yémen et l’Arabie saoudite d'abord, le Koweït et le Qatar ensuite.

 

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Le stade du 22-Mai, à Aden, où se joueront les matchs de la coupe du Golfe. Photos postées sur le site Yemen Gulf Cup 20.

 

"Je m’inquiète davantage d’Al-Qaïda que des séparatistes"

Faisal Alshamiry est fonctionnaire. Il vit à Aden.

 

Jamais je n’ai vu le pays dans un tel état de liesse. L’enthousiasme des Yéménites est palpable. Rien ne peut détourner leur attention de ce championnat. Évidemment, les mesures de sécurité sont draconiennes [près de 30 000 agents des forces de l’ordre ont été mobilisés pour l’occasion, NDLR]. Il y a un policier tous les deux mètres environ et des voitures de police sont stationnées au début et à la fin de chaque grande avenue. Par ailleurs, des hélicoptères survolent la ville. Personnellement, cela ne me choque pas. C’est la première fois que le Yémen organise un tel événement et il est normal que l’on ait droit à de telles précautions, surtout autour des complexes sportifs ou près des hôtels qui abritent les équipes étrangères.

 

Les regards du monde entier sont rivés sur notre pays pour l’occasion. Il est donc impératif de montrer que l’on est capable d’organiser un événement de cet ampleur. Pour ma part, je ne crains pas la menace des séparatistes du sud, je pense que la sécurité déployée est suffisante pour dissuader toute tentative de leur part. Je m’inquiète davantage d’une attaque d’Al-Qaïda qui ne voit pas d’un bon œil l’arrivée de tous ces gens du Golfe chez nous. Mais je reste confiant et espère que les choses se dérouleront dans les meilleures conditions possibles."

 

Deux stades d'entraînement en travaux, dans le district d'Al-Mansoura, à Aden. Photos postées sur le site Yemen Gulf Cup 20.