Le 6 et 7 novembre, le pape Benoît XVI était en visite en Espagne pour consacrer la Sagrada Familia. Pour l’accueillir en bonne et due forme, les gays de Barcelone ont organisé un "kiss-in" sur son chemin.

Le discours de Benoît XVI n’était pas des plus tendres envers les Espagnols, pointant du doigt la politique du pays, trop permissive en matière d’interruption volontaire de grossesse (IVG), de facilitation des procédures de divorce et de mariage gay.

Pour signifier leur désaccord avec les positions de l’Église, une poignée de Barcelonais ont créé un groupe sur Facebook, un blog, et un mot-clé Twitter conviant les gays à s’embrasser au moment où le pape passerait avec sa papa-mobile. Comme pour tout "flashmob", le lieu exact de la manifestation n’a été dévoilé que quelques heures avant le rendez-vous.

Malgré la censure exercée par Facebook (le groupe et la page évènement ont toutes deux été fermées puis rouvertes par les organisateurs), environ 200 personnes ont répondu à l’appel. La veille, la même initiative a eu lieu à Saint-Jacques de Compostelle, immortalisée par ces clichés du quotidien espagnol "El Pais".
 
Postée sur YouTube par TheAlbertoarce.

"On s’est mêlés aux fidèles en toute discrétion"

Samir Rakiji vit à Barcelone et a participé à l’événement.

Le 'flashmob' a eu lieu le matin du dimanche 7 novembre, entre 9 et 10 heures, sur la grande avenue près de la cathédrale de Barcelone. La consigne était claire : nous ne devions pas nous faire remarquer avant le passage du pape, et tout signe de revendication - banderoles, drapeaux, pancartes - était interdit.

De fait, nous n’avons eu aucun mal à nous mêler aux fidèles en toute discrétion. Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, une manifestation se préparait, avec slogans et banderoles cette fois, pour protester contre les déclarations de l’Eglise à l’encontre des gays, de l’avortement et de la contraception. Nous attendions le passage du pape qui devait se rendre de la cathédrale de Barcelone à la Sagrada Familia.

Quand le papa-mobile s’est approchée, on a tous commencé à embrasser nos partenaires. Cela a duré quelques minutes. Evidemment, les réactions hostiles ont commencé à fuser : on nous criait dessus, on nous insultait. Mais on a répliqué en criant aussi des slogans à l’encontre du pape comme 'Yo no te espero !' ['Je ne t’attends pas'] qui est le nom d’une association qui promeut la laïcité. Une personne a déroulé une banderole anti-pape. Un cordon de sécurité policière est intervenu pour éviter tout débordement, et nous sommes partis.

Ensuite, nous avons manifesté un peu à l’écart du passage du pape (les démonstrations étaient strictement interdites sur son passage). L’ambiance était très festive : un trans en soutane et voiturette se baladait partout avec un gros panneau ‘mama-mobile’."

Photos prises par notre Observateur Samir Rakiji.