HAÏTI

Choléra en Haïti : "Il nous faut de l’eau potable"

Les autorités haïtiennes annoncent une stabilisation de l’épidémie de choléra mais, à Port-au-Prince, les habitants sont inquiets car ils se sentent complètement démunis pour lutter contre cette maladie.

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Opération d'acheminement d'eau potable en Haïti. Photo postée sur Flickr par l'organisation Operation blessings.

Les autorités haïtiennes annoncent une stabilisation de l’épidémie de choléra mais, à Port-au-Prince, les habitants sont inquiets car ils se sentent complètement démunis pour lutter contre cette maladie.

Le nombre total de morts depuis le début de l'épidémie - la première de ce genre depuis un siècle en Haïti - s'élève à 253 pour 3 015 cas recensés, essentiellement dans les zones rurales longeant le fleuve Artibonite, dans le centre du pays. À Port-au-Prince, cinq cas "importés" - des personnes infectées dans d’autres villes - ont été recensés.

"J’ai réussi à acheter des bouteilles d’eau grâce aux économies de mon organisation"

Dimitry Joseph dirige OSCEJD, une organisation d’aide aux jeunes défavorisés de Port-au-Prince.

Je reviens de l’hôpital Saint-Marc, à une centaine de kilomètres de Port-au-Prince, où les gens sont dévastés. Les couloirs sont bondés et les médecins ne savent plus où donner de la tête. Il y a les malades, mais aussi ceux qui pleurent leurs proches décédés. On manque cruellement de médecins pour faire face à l’épidémie.

À Port-au-Prince, avec les cas que nous avons eus, les gens sont très inquiets et essaient de prendre toutes les précautions possibles. D’habitude, pour les salutations, on se sert la main. Mais là, tout le monde refuse. Le gouvernement indique par la radio et la télévision comment faire pour se prémunir, mais après le séisme de janvier, les gens sont épuisés et ont vraiment peur d’avoir à affronter un nouveau drame.

Je suis allé apporter des bouteilles d’eau potable à un groupe d’enfants. J’ai réussi à en acheter avec l’argent de mon organisation. Les autorités nous ont interdit de boire l’eau du robinet, à moins de la faire bouillir un certain temps. Mais, même bouillie, la potabilité n’est pas forcément garantie.

Ce qui nous manque le plus, c’est l’eau potable et de quoi donner les premiers soins dans les hôpitaux. C’est vraiment dur. J’essaie de trouver comment aider, mais je ne sais plus quoi faire."