BURKINA FASO

Le gaz butane, une ressource de plus en plus rare à Ouagadougou

Depuis plus d’un mois, les Burkinabè se pressent et se bousculent aux portes des revendeurs de gaz butane. Suite à la pénurie de ce précieux hydrocarbure, ils ont toutes les difficultés du monde pour cuisiner.

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Photo envoyée par notre Observateur.

Depuis plus d’un mois, les Burkinabè se pressent et se bousculent aux portes des revendeurs de gaz butane. Suite à la pénurie de ce précieux hydrocarbure, ils ont toutes les difficultés du monde pour préparer cuisiner.

Depuis la fin du mois d’août, s’approvisionner en gaz butane au "pays des hommes intègres" est devenu quasiment impossible. Les citoyens, qui se servent de la bonbonne au quotidien pour cuisiner, sont en colère mais aussi perplexes face aux vendeurs qui, eux-mêmes, ne sont pas informés des raisons de cette rareté.

De son côté, la Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (SONABHY) a évoqué des difficultés d’approvisionnement.  Leur principal source d'approvisionement, une sphère de 1 500 tonnes située au Bénin, est aussi utilisée par le Mali, le Niger, le Bénin et le Togo. Insuffisante en temps normal, la sphère a arrêté de fonctionner pour des raisons de sécurité il y a quelques semaines. La société burkinabè se heurte par ailleurs à des problèmes de pipe-lines au Ghana, autre pays fournisseur de l’hydrocarbure.

La consommation du gaz butane a fortement augmenté au Burkina Faso depuis que l'État cherche à lutter contre la coupe abusive du bois et la désertification.

Ce billet a été rédigé en collaboration avec Amandine Schmitt, journaliste.

"Il faut parfois attendre trois jours pour se procurer du gaz butane"

Charles Ouedraogo habite à Ouagadougou.

Cela fait plus d’un mois que j’ai des difficultés à me procurer du gaz butane. On attend dans les stations avec la bouteille de gaz vide, qu'on veut remplir. Pour cela, il faut attendre le passage d'un camion de livraison : parfois cela peut prendre jusqu’à trois jours. Quand le gaz est livré, il faut patienter la journée entière. Ça peut prendre de 9 à 12 heures d’affilée.

Dans les files d’attente, les gens sont en colère : ils ne sont pas préparés à ce genre de situations. J’ai vu des personnes se battre pour une bouteille de gaz. D’autres profitent de la confusion pour voler des bonbonnes ou des téléphones portables. Les gens sont obligés de s’absenter de leur travail pour faire la queue. À Ouagadougou, seules les grandes stations de revente sont ouvertes : faute d'approvisionnement, les petites ont fermé.

C’est la panique ici car on ne peut plus se préparer à manger correctement, et en plus il devient difficile de se procurer du charbon : il faut marcher 1 ou 2 km pour en trouver. D'ailleurs, il est passé de 5000 à 7000 francs CFA [de 7,60 € à 10,70 € environ]. Les vendeurs profitent de l’occasion pour augmenter les prix. Et on ne peut pas utiliser de bois de chauffe, car en ville  il faut un permis pour en couper, donc je me suis arrangé pour que mes parents m’en fassent parvenir.

On ne connaît pas la vraie cause de la pénurie de gaz butane. Peut-être qu’il s’agit de problèmes de transport, ou que les machines sont en panne. Lorsque je demande aux gérants des boutiques de gaz, ils ne savent pas me donner de réponses."

 

 

 

Toutes les photos ont été envoyées par notre Observateur.