ALGÉRIE

"On bafoue la mémoire des martyrs de la guerre d’Algérie"

Une stèle commémorative transformée en toilettes publiques, un musée squatté par des commerçants... Ce manque de respect envers ceux qui ont combattu l’occupation française provoque la colère de notre Observateur. .

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Une stèle commémorative transformée en toilettes publiques, un musée squatté par des commerçants... Ce manque de respect envers ceux qui ont combattu l’occupation française provoque la colère de notre Observateur.

Selon notre Observateur, la situation des monuments commémoratifs de Cheria, ville de la province de Tebessa, ne fait pas exception. Les sites Web algériens évoquent la dégradation des édifices commémoratifs un peu partout dans le pays : vols des faïence, dégradation des tombes des combattants et monuments commémoratifs transformés en dépotoirs semblent être monnaie courante.

La guerre d’Algérie (1954-1962) - appelée « Révolution algérienne » de l’autre côté de la Méditerranée - a fait entre 300 000 et 400 000 morts du côté algérien. 27 500 militaires français ont été tués, pour un millier de disparus.

"Des commerçants squattent un musée et l'ont transformé en épicerie et en taxiphone"

Soualmia Rida , 28 ans, est journaliste à Alger.

J’ai visité Cheria la semaine dernière et j’ai pu constater le peu de respect accordé à la mémoire de nos martyrs tombés pendant la révolution algérienne.

Au centre de la ville, une stèle qui affiche le nom de certains martyrs est dans un état lamentable. Elle semble très vieille alors qu’elle a été construite il y a seulement neuf mois. Les noms des martyrs commencent déjà à s’effacer. Il y a des traces d’urine dessus et des ordures juste à côté.

L’édifice a coûté environ 1 million de dinars (10 000 euros). Pourtant, les autorités ne font pas d’efforts pour l’entretenir. C’est par manque d’argent, mais aussi de volonté de la part du ministère des Moudjahidines.

À part cet édifice, il y a aussi l’état du musée de Cheria qui me préoccupe. Il a été installé dans un ancien centre de torture et d’exécution de l’époque de la colonisation française. Il est plein d’ordures et deux commerçants y sont même installés !

Avant, plusieurs autres commerçants squattaient le musée. Tous sont partis, sauf deux : un taxiphone et un épicier. Le premier a promis de partir... dès que le deuxième s’en irait. Le pire, c’est que ces commerçants ont touché une compensation de l’État pour qu’ils déménagent.

Les habitants disent même qu’il y avait une guillotine, qui datait de la colonisation, à l’intérieur du musée. Mais les commerçants l’auraient fait disparaître. On ne sait pas où elle est passée.

Photo d'une partie du musée abandonné. Photo de Rida Soualmia

Une partie du musée transformée en taxiphone. On peut encore voir sur sa façade une plaque indiquant qu'il s'agissait d'un musée. Photo de Rida Soualmia

 

Photo d'une stèle à Cheria. Photo de Rida Soualmia