Image envoyée par Matthew Mazzota.

C'est peut-être après avoir marché dans une crotte de chien en se baladant en pleine nuit dans un parc que Matthew Mazzotta a eu cette lumineuse idée : pourquoi ne pas se servir des déjections canines pour en faire de l'électricité ? 

Le prototype de Park Spark (Étincelle du parc) a été installé cette année dans le parc Pacific Street de Cambridge, dans le Massachusetts, par un groupe d'étudiants du MIT, l'institut de technologies de cet État.

L'idée est simple : les propriétaires ramassent les crottes de leur chien avec un sac biodégradable puis jettent le tout dans un digesteur installé dans le parc. Les particules de méthane contenues dans les déchets s'extraient naturellement par fermentation et dégagent un biogaz qui alimente la flamme d'un réverbère installé à proximité. Un procédé naturel qui permet en plus d'éviter que le méthane, un gaz à effet de serre, ne soit émis dans l'atmosphère et réduit ainsi l'"empreinte écologique" des animaux.

Le projet Park Spark au parc de Pacific Street, Cambrige, Massachusetts.

Tour du monde des digesteurs qui ont inspirés le projet Park Spark

Cette étrange maison méxicaine, baptisée l'Arc solaire, fonctionne grâce à un digesteur à méthane alimenté par des déjections de poulets. Photo posté sur le site du Park Spark.

 

 

Le digesteur et les poulets élevés en liberté.

 

 

Mathew Mazzotta a voyagé dans le nord de l'Inde pour connaître les différentes utilisations de digesteurs. Sur cette photo, un homme mélange le contenu d'un réservoir installé dans son jardin...

...connecté à un réchaud à l'intérieur de la maison...

... sur lequel cette femme fait bouillir de l'eau pour faire du thé. Photos postées sur site du Park Spark.

"Le digesteur à méthane existent depuis des années à la campagne. J'ai simplement essayé d'appliquer cette technique aux animaux des villes"

Matthew Mazzota est diplômé en art de l'Institut de technologie du Massachusetts (MIT). Il a lancé le projet Park Spark.

Aujourd'hui, les crottes de chiens sont simplement jetées dans des poubelles ouvertes avec les autres déchets où elles pourrissent et émettent du méthane, un gaz 23 fois plus toxique que le CO2 (dioxyde de carbone).  Le digesteur à méthane existent depuis des années dans les fermes et dans les installations rurales. J'ai simplement essayé d'appliquer cette technique aux animaux des villes.

Le digesteur contient deux cuves: la première est hermétiquement fermée et ne contient pas d'oxygène. Les déjections y sont mélangées grâce à une manivelle installée à l'extérieur du réservoir, ce qui permet de faire remonter les particules de méthane. La second réservoir est une cuve à débordement qui accueille les déchets vidés de leur méthane. Le digesteur fonctionne avec un système à basse pression pour que la connexion aux appareils externes ne soit pas trop complexe : un simple conduit de gaz ou un tuyau fonctionne. Dans notre projet, le digesteur est connecté à un réverbère, mais on peut aussi faire fonctionner des appareils électroménagers (il faudrait une étape supplémentaire pour transformer le biogaz en électricité).

Il ne s'agit que d'un prototype et on rencontre déjà quelques obstacles. Les sacs 100 % biodégradables sont chers et difficiles à trouver même si, dans l'idéal, ils devraient déjà remplacer obligatoirement les sacs plastiques.

Jusqu'à présent, les réactions sont extrêmement positives. Je souhaiterais aussi distribuer aux locaux et au gouvernement de l'État une sorte de petit manuel qui expliquerait comment fabriquer un digesteur et comment l'adapter à ses besoins. C'est intéressant de voir ce que vont faire les gens une fois qu'on leur aura expliquer comment transformer un polluant en source d'énergie naturelle."

Images envoyées par Matthew Mazzotta.