BOLIVIE

À Potosi, une cinquantaine de touristes français bloqués dans une ville en ébullition

Une cinquantaine de touristes français sont bloqués dans leurs hôtels de la ville de Potosi (sud-ouest de la Bolivie), où la situation s'est récemment dégradée en raison de violents mouvements sociaux. Le témoignage de l'un de ces touristes. Lire la suite...

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Les manifestants de Potosi. Photo publiée par le journal "El Potosi".

Une cinquantaine de touristes français sont bloqués dans leurs hôtels de la ville de Potosi (sud-ouest de la Bolivie), où la situation s'est récemment dégradée en raison de violents mouvements sociaux. Le témoignage de l'un de ces touristes.

"Les manifestants se jettent des bâtons de dynamite de temps en temps"

Guy-Pascal Giniot est analyste qualité à la Fnac. Il est bloqué à Potosi depuis cinq jours.

Les manifestants bloquent les entrées et sorties de la ville. Je ne connais pas toutes leurs revendications, mais j’ai entendu leur principal slogan "Potosi federal". En gros, ils veulent plus d’autonomie pour leur région, assez riche.

Les manifestations sont impressionnantes. Nous sommes à 4 000 mètres d’altitude. Nous, on du mal à respirer, mais eux se mettent tout à coup à courir, tous ensemble, comme si de rien n’était. Et puis ils jettent des bâtons de dynamite de temps en temps. La ville est morte. Les mineurs mettent la pression sur les boutiques et les restaurants pour qu’ils baissent le rideau.

Je ne m’approche pas trop des manifestants, mais dans l’ensemble ils ne sont pas belliqueux. En tout cas tant qu’ils ne sont pas saouls. La police et l’armée sont complètement débordés. Je suis allé voir les militaires et devinez ce qu’ils m’ont répondu : 'On ne peut rien faire, ici c’est le peuple qui a le pouvoir.' Je suis censé rentrer en France le 23 août. J’ai encore une chance d’y arriver. Mais certains touristes devraient déjà être partis. L’ambassade de France nous dit que pour l’instant elle ne peut rien faire pour nous. L’ambassade du Brésil en revanche a essayé d’affréter un avion de la TAM, mais les manifestants bloquent l’aéroport, alors la tentative a avorté."