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Les Indiens en grève contre la vie chère

Une grève de 24 heures pour protester contre l’augmentation du prix du carburant a déclenché le chaos dans les transports et des violences dans les grandes villes indiennes. Lire la suite et voir les vidéos…

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Image tirée de la vidéo postée par bennamias sur YouTube le 5 juillet 2010.

Une grève de 24 heures pour protester contre l’augmentation du prix du carburant a déclenché le chaos dans les transports et des violences dans les grandes villes indiennes.

Le principal parti d’opposition Bharatiya Janata Party (Parti du Peuple Indien, BJP) et les partis de gauche avaient appelé à la protestation après que le gouvernement a refusé de revenir sur la hausse de 6,7% du prix du carburant annoncée il y a dix jours.

Les grandes entreprises et les écoles ont fermé leurs portes à causes des embouteillages et par peur des violences. Les aéroports de Calcutta et de Chennai étaient paralysés. Les taxis n’ont pas circulé dans les grandes villes. Les chauffeurs routiers n’ont pas pris le volant non plus et les grands axes routiers étaient quasiment vides. De nombreux trains sont restés à quai.

Le gouvernement avait annoncé le mois dernier cette hausse des taxes afin de lutter contre le déficit budgétaire, même si cela devait ajouter presque 1% à un taux d’inflation déjà supérieur à 10%.

Le ministre des Finances Pranab Mukherjee a assuré qu’il n’était pas question de revenir sur la hausse du prix du carburant, et ce malgré la mobilisation.

Manifestations à New Delhi. Vidéo publiée par notre Observateur, bennamias, sur YouTube le 5 juillet 2010.

"J’ai entendu beaucoup d’Indiens refuser le modèle occidental de développement"

Richard Bennamias est un artiste français en voyage en Inde. Il se trouve actuellement à New Delhi.

Je me suis rendu, hier matin, près du palais de Red Fort où il y avait un rassemblement organisé par un parti d’opposition, l’équivalent indien du Parti socialiste. Les discours étaient très virulents. Ils dénonçaient en particulier la hausse du coût de la vie ces dernières années. Les prix du pétrole, mais plus généralement des produits de première nécessité, ont explosé [le prix de l’essence a augmenté de 3,5 roupies le litre, soit environ 6 centimes d'euros]. Et ce sont les plus pauvres qui en pâtissent.

Les manifestants dénonçaient également des taxes trop lourdes. D’une manière générale, j’ai entendu beaucoup d’Indiens dire "on ne veut pas du modèle occidental de développement, on ne veut pas devenir comme la Chine".

La manifestation était calme. Ça s’est un peu agité lorsque des manifestants ont sorti des images à l’effigie de membres du gouvernement indien ou de responsables du FMI et de la Banque Mondiale, et qu’ils les ont brûlées.

J’ai pu constater depuis mon arrivée en Inde il y a trois semaines que les autorités craignent des émeutes. Lors de la manifestation d’hier, il y avait des policiers partout, bien armés. Et le gouvernement local avait ordonné la fermeture des commerces toute la journée. Seuls les vendeurs de rues restaient ouverts."

La misère en Inde. Vidéo publiée par notre Observateur, bennamias, sur YouTube le 5 juillet 2010.