MONDE

Récits de voyageurs en détresse

Deux Observateurs britanniques se sont retrouvés bloqués loin de chez eux après l'éruption du volcan islandais. Pendant quatre jours ils ont tout mis en œuvre pour tenter de rentrer, avec des fortunes diverses : l'un a finalement regagné Londres après un long périple, l'autre est toujours bloqué dans les environs d'Helsinki. Lire leur récit...

Publicité

Les trains Eurostar entre le Royaume-Uni et le continent étaient complets tout au long du weekend.

Le monde entier a les yeux tournés vers l’Islande et son volcan Eyjafjöll, qui perturbe le trafic aérien mondial depuis quatre jours. Toujours en pleine éruption, les énormes nuages de cendre qui émanent de son cratère bloquent le trafic aérien en Europe du Nord. Les voyageurs cloués au sol s’organisent comme ils peuvent pour rentrer chez eux par d’autres moyens de transports ou pour prolonger leur séjour en attendant que les cendres volcaniques se dissipent. Des réseaux se mettent en place sur Internet, comme sur le site Twitter où le mot-clé "getmehome" recense les messages de voyageurs désireux de rentrer chez eux. Voici le récit de deux d’entre eux.

"Pour la première fois de ma vie, mon fils m’a dit qu’il avait hâte de retourner à l’école…"

Mark Emsley travaille dans l’informatique au Royaume-Uni.

Ma femme est d’origine finlandaise, on a donc décidé d’aller passer une semaine au ski en Finlande avec nos deux enfants, âgés de 6 et 13 ans. En milieu de semaine, on a vu les images du volcan à la télévision, mais on ne savait pas ce qui nous attendait. Vendredi, on s’est inquiété. On a appelé la compagnie aérienne qui nous a dit que tous les vols étaient annulés et que c’était un cas de 'force majeure'. Ils ont bien insisté sur ce terme, pour nous faire comprendre qu’il n’était pas question de se faire rembourser.

Nous étions alors toujours à Ruka, dans le nord de la Finlande. L’hôtel sur place était trop cher donc on a loué une voiture pour redescendre dans le sud du pays. J’ai conduit pednant 12 heures avant d’arriver à Turku, pas très loin d’Helsinki. En tout, j’en ai eu pour 500 euros de location, sans compter l’essence… Depuis, on vit comme on peut chez mon beau-frère qui nous héberge.

On ne sais pas du tout quand on va pouvoir rentrer, tous les ferries qui partent de Finlande sont complets. Si j’étais seul, j’aurais essayé de monter dans un bateau puis de dormir dans une gare, mais c’est impossible avec les gosses. Même mes enfants commencent à en avoir marre de ces drôles de vacances qui s’éternisent. Pour la première fois de ma vie, mon fils m’a dit qu’il avait hâte de retourner à l’école…"

Image : Google Maps

"Ce petit voyage m’a coûté environ 600 euros de plus que ce que j’avais initialement prévu"

Jed Christiansen est un ingénieur américain qui travaille pour Google à Londres.

Je me trouvais à Moscou la semaine dernière en voyage d’affaire. Je devais rentrer à Londres vendredi soir avec une correspondance à Düsseldorf. Mais quelques heures avant mon vol, j’ai reçu un texto de Lufthansa m’indiquant que mon vol était annulé parce que l’aéroport de Düsseldorf était fermé. J’ai donc acheté un billet d’avion pour Vienne. J’ai eu beaucoup de chance : l’Autriche a fermé son espace aérien quelques heures seulement après que je me sois posé. J’ai trouvé un hôtel à Vienne pour passer la nuit ainsi qu’un billet de train pour Bruxelles le lendemain matin.

Toutes ces réservations, je les ai faites sur mon ordinateur portable grâce au réseau wifi d'un Starbucks ! J’ai même eu le temps d’aller faire un peu de tourisme et d’aller visiter la célèbre cathédrale de Cologne. Le lendemain matin, j’ai donc fait 10 heures de train pour me rendre à Bruxelles, où j’ai passé la nuit. Au réveil, j’ai pris un Eurostar qui m’a finalement ramené chez moi, à Londres.

Ce petit voyage m’a coûté environ 600 euros de plus que ce que j’avais initialement prévu. Mais ça fait tellement de bien d’être enfin à la maison. Un collègue qui était avec moi à Moscou a, lui, pris la décision de prendre un train de nuit vendredi soir vers Helsinki en espérant pouvoir rejoindre Londres plus facilement. Ce matin, il est toujours bloqué dans la capitale finlandaise…"

Image Google Maps