ARABIE SAOUDITE

Des braconniers fiers d’avoir massacré des gazelles protégées

Depuis quelques jours, une vidéo amateur choque les internautes saoudiens. On y voit deux braconniers se vantant d’avoir tué 20 gazelles, dont cinq oryx arabes, une espèce rare menacée de disparition. Un massacre commis au cœur d'une réserve naturelle protégée. Lire la suite...

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Actualisation du 19.04.10: Le quotidien saoudien "Al-Watan" a rapporté, le vendredi 16 avril, que l’un des deux braconniers a été arrêté.

Depuis quelques jours, une vidéo amateur choque les internautes saoudiens. On y voit deux braconniers se vantant d'avoir tué 20 gazelles, dont cinq oryx arabes, une espèce rare menacée de disparition. Un massacre commis au cœur d'une réserve naturelle protégée.

Les deux braconniers qui se filment à visage découvert comptent fièrement leurs proies sur fond de musique populaire. A leurs épaules pendent des fusils à lunette, dont l'usage est pourtant interdit pour la chasse en Arabie saoudite. Ils ont intitulé leur enregistrement "Défiez la réserve".

Le secrétaire général de l'Organisme saoudien de la protection et du développement de la vie sauvage, le prince Bandar Bin Mohammed al-Saoud, a fermement condamné cet acte de braconnage et lancé un appel à témoins pour arrêter au plus vite les responsables. Il a par ailleurs reconnu que l'organisme saoudien de la vie sauvage était au courant de l'existence de cette vidéo depuis deux mois, mais n'avait pas voulu s'exprimer sur ce sujet avant l'arrestation des deux criminels.

Selon des médias locaux, le dialecte des deux braconniers serait celui la région de Wadi Ad-Dawasir, dans la circonscription de Riyad. Ils en concluent que la vidéo a très probablement été tournée dans la réserve de Uruq Bani Ma’arid, située non loin de là. Cette réserve établie en 1994 s'étend sur près de 12 000 km2 à l'ouest du Rub al-Khali (littéralement le "quart vide"), le plus grand désert de sable du monde.

"C'est une compétition entre chasseurs, où chacun tente d'abattre le plus grand nombre d'animaux rares"

Mohammad Al-Saeedi vit à Qatif, en Arabie saoudite. Sur les terres agricoles de sa famille, à l’est du royaume, de nombreux braconniers viennent chasser les oies et canards sauvages qui peuplent les marécages environnants.

La chasse est bien règlementée en Arabie saoudite. Un décret officiel fixe annuellement les dates d'ouverture et de fermeture de la chasse en dehors des réserves naturelles et des zones habitées. Pourtant, depuis quelques années, certaines espèces sont de plus en plus rares. C'est le cas des belettes, des tourterelles à collier, des rossignols, des renards, des loups et des hérissons.

Depuis que les campagnes de sensibilisation télévisées se sont arrêtées, il y a quatre ou cinq ans, les cas de braconnages ont sensiblement augmenté. Au début du printemps et vers la fin de l'automne, lorsque les oiseaux migrateurs commencent ou achèvent leur migration, il y a une recrudescence des braconnages. La vidéo que vous montrez n'est qu'un exemple parmi d’autres.

Les braconniers sont généralement des bédouins qui ont grandi dans le désert et qui n'ont aucune conscience écologique. La chasse fait partie de leur quotidien. Ils pénètrent en cachette dans les réserves par amour pour l'aventure et la compétition. C'est une compétition entre chasseurs, où chacun tente d'abattre le plus grand nombre d'animaux rares. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ils s'en vantent lorsque la chasse est abondante.

Bien sûr, la qualité de la viande de l'animal est également un facteur déterminant. La viande de gazelle est délicieuse. Il est vrai que la chasse de ces bêtes est interdite, mais il y a des fermes qui en élèvent et elles vendent sa viande très chère. Une petite gazelle vaut plus de 4 000 riyals (785 euros). Le prix d'une gazelle adulte peut atteindre 8 000 riyals (1 570 euros)".

La vidéo de braconnage

Vidéo publiée sur YouTube par sami1413, le 7 avril 2010.