BOLIVIE

Les "cholitas", des catcheuses qui se crêpent le chignon en jupon

A priori, catch et crinolines ne font pas bon ménage... A part en Bolivie, où les combats de femmes amérindiennes, les "cholas", font fureur. Parées de leur plus belle tenue traditionnelle, des femmes d'origine ayamará (peuple indigène de l'ouest de la Bolivie) s'affrontent sans pitié sur les rings. Ces combats hauts en couleur, tapageurs et kitsch à souhait, sont devenus une véritable attraction touristique. Lire la suite…

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A priori, catch et crinoline ne font pas bon ménage... A part en Bolivie, où les combats de femmes amérindiennes, les "cholas", font fureur. Parées de leur plus belle tenue traditionnelle, des femmes d'origine ayamará (peuple indigène de l'ouest de la Bolivie) s'affrontent sans pitié sur les rings. Ces combats hauts en couleur, tapageurs et kitsch à souhait, sont devenus une véritable attraction touristique.

Dans un gymnase de la ville andine d'El Alto, à 4 190 mètres d'altitude, ont lieu chaque dimanche une dizaine de combats de "cholitas" (diminutif de "cholas"). Les locaux aiment à dire que ce sont les combats "les plus hauts (en termes d'altitude) au monde", et ils vantent la force et la résistance de leurs femmes.

Les catcheuses "cholitas" s'habillent avec les costumes typiques des femmes aymará : les "polleras" (jupe traditionnelle aymará), les "enaguas" (jupons), des tresses et des chapeaux, caractérisés par des couleurs très vives et des tissus luxueux. L'argent qu'elles gagnent en se battant leur sert surtout à se payer ces très onéreuses tenues. Les touristes étrangers, qui paient leurs places au prix fort, sont les principaux spectateurs de ces matchs où une "cholita" peut gagner jusqu'à 60 euros par combat.

En 2008, plusieurs catcheuses "cholitas" ont été invitées à participer aux Etats-Unis au show de Cristina Saralegui, une émission de télévision très populaire parmi le public latino. Par la suite, des médias internationaux se sont intéressés aux "cholitas" et de plus en plus de touristes ont commencé à affluer à El Alto.

Vidéo postée sur YouTube par Cesar Angel.

Extraits de combats de "cholitas"

 

Vidéos postées sur Youtube par Cesar Angel.

"Hors du ring, les 'cholitas' sont pour la plupart des femmes au foyer"

Alberto Medrano est un blogueur bolivien qui promeut la lutte des "cholitas".

Hors du ring, les 'cholitas' sont pour la plupart des femmes aux foyer, ou des secrétaires. Durant leur temps libre, elles s'entraînent très dur avec des lutteurs connus dans le milieu, comme Kid Simonini. Il leur apprend à faire des sauts et des pirouettes et à parer les coups. Les catcheuses les plus célèbres sont Juanita 'La Cariñosa' [la Tendre], Elizabeth 'Roba corazones' [l'Attrape-cœurs] et Celia 'Pankarita' de Achacachi."

"C'est une mascarade, il n'y a pas de violence"

César est un touriste espagnol qui a assisté à un combat de "cholitas" à El Alto, en Bolivie.

Le 'Cholitas Wrestling' est un spectacle organisé spécialement pour les touristes étrangers. Ils payent trois fois plus cher l'entrée, mais en échange ils sont plus près du ring. Il s'agit surtout d'Anglo-Saxons et de jeunes qui visitent le Salar de Uyuni [célèbre désert de sel de la région] ou qui parcourent une autre route touristique. En réalité, ce n'est que du théâtre, il n'y a pas de violence. Au début du spectacle, des lutteurs masculins s'affrontent, ils sont très mauvais. Les 'cholitas' n'arrivent qu'à la fin, avec leurs splendides robes colorées. Elles sont les vraies stars du spectacle. Au moment où j'ai pris les photos, une chaîne de télé péruvienne enregistrait les combats. Ensuite, ces lutteuses devaient se rendre à Lima, la capitale du Pérou, pour un spectacle. Des masques de lutteurs sont vendus aux touristes étrangers. Et comme cadeau, ils reçoivent une petite figurine en porcelaine représentant une 'cholita' et deux entrées gratuites aux toilettes ! [Les agences de tourisme de La Paz proposent pour 40 euros une excursion "cholitas" à El Alto]."

Photos postées sur Flickr par Cesar Angel.