Mercredi dernier, l'opposition togolaise menée par Jean-Pierre Fabre s'est réunie pacifiquement à Lomé pour célébrer une veillée à la bougie. Mais le rassemblement, qui avait pour but de contester la réélection du président Faure Gnassingbé, a dégénéré. Les gendarmes togolais ont chargé, ce qui a semé la panique parmi les manifestants et provoqué un mouvement de foule au cours duquel une trentaine de personnes ont été blessées.

Selon la version officielle, les forces de l'ordre sont intervenues à la suite des échauffourées qui ont éclaté après qu'un policier a été pris à partie par les manifestants. Mais les opposants affirment que le policier en question, qui était en civil et armé, a tenté de s'introduire à l'intérieur du groupe de manifestants et le soupçonnent d'avoir voulu  assassiner Jean-Pierre Fabre.

Quelques photos d'opposants après l'intervention des gendarmes

Un manifestant victime d'une syncope, allongé sur le sol du siège de l'UFC.

L'écrivain Godwin Tété Adjalogo à terre.

Un militant de l'UFC qui tient sa fille das les bras, tous deux victimes des gaz lacrymogènes.

Isabelle Manavi Améganvi, la 3e vice-présidente de l'UFC, sonnée par les gaz lacrymogènes.

"Un homme armé d'un pistolet a tenté de s'introduire dans la foule"

Sylvio Combey est journaliste indépendant et blogueur à Lomé. Il était présent à la manifestation du mercredi 24 mars.

Le FRAC [Front républicain pour l’alternance et le changement, coalition d'opposition, NDLR] a organisé une veillée à la bougie pour prier. Il y avait plusieurs milliers de personnes rassemblées devant le siège de l'UFC [l’Union des forces de changement, principal parti d'opposition, NDLR], à tel point qu'il y en avait jusque sur le trottoir et dans la rue.

Les jeunes du parti ont formé une sorte de cordon de sécurité et ont fouillé toutes les personnes qui entraient. Depuis quelques temps, des rumeurs d'assassinat visant Jean-Pierre Fabre circulent, c'est pour cela qu'ils ont jugé bon de renforcer la sécurité. À un moment, ils ont arrêté un homme armé d'un pistolet qui tentait de rejoindre la foule. Lorsque les manifestants ont découvert qu'il s'agissait d'un gendarme en civil, l'homme a été roué de coups.

Peu de temps après, les gendarmes ont lancé des grenades lacrymogènes et des bombes assourdissantes sur les manifestants, jusque dans les locaux de l'UFC. Ça a déclenché la panique ! Les vieux ont été jetés à terre, piétinés par les jeunes qui ont tenté de fuir. Entre ceux qui ont été asphyxiés et ceux qui se sont fait marcher dessus, il y a eu au moins une trentaine de blessés."