GRÈCE

Sur les banderoles grecques : "La ploutocratie doit payer pour la crise"

Des milliers de Grecs ont manifesté pour rejeter la cure d'austérité décidée par le gouvernement pour redresser l'économie du pays. Notre Observateur à Salonique était au milieu des manifestants avec son appareil photo. Lire la suite et voir ses photos...

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Des milliers de Grecs ont manifesté pour rejeter la cure d'austérité décidée par le gouvernement pour redresser l'économie du pays. Notre Observateur à Salonique était au milieu des manifestants avec son appareil photo.

Craig Wherlock est un Britannique expatrié à Salonique en Grèce. Il est professeur dans une école privée.

Je pense qu'il y avait environ 8 000 à 9 000 personnes dans les défilés de Salonique [7 000 selon la police]. Contrairement à Athènes, il n'y a pas eu d'échauffourées.

Il y avait principalement des salariés du secteur public car leurs syndicats, comme le PAME [communiste], sont plus puissants. Mais il y avait aussi des travailleurs du secteur privé parmi les manifestants. Tous s'inquiètent du gel des salaires, des atteintes prévues à leurs acquis sociaux, de l'augmentation de la TVA (de 19 à 21 %) et d'un relèvement de l'âge de départ à la retraite (il est actuellement de 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes, mais pourrait passer à 67 ans pour tous).

Les gens sont vraiment fâchés et désespérés. La plupart des salariés des magasins, ou même des petites usines, ne sont pas déclarés et ne disposent donc d'aucune couverture sociale. Ils travaillent jusqu'à 50 ou 60 heures par semaine pour des salaires ne dépassant pas les 600 euros (lire le précédent témoignage de Craig sur la qualité de vie en Grèce).

Ils se demandent donc où sont passés les 300 milliards d'euros que doit la Grèce. Certainement pas, selon eux, dans les services publics ou les routes. Les manifestants ont l'impression que les politiciens se sont enrichis sur leur dos. Avec le précédent gouvernement, un scandale de corruption éclatait tous les deux mois. Et puis des exemples de gabegie sont dans toutes les bouches. Le précédent ministre de la Santé a fait fabriquer 16 millions de doses de vaccins contre la grippe A (H1N1), alors que finalement seules 400 000 ont été utilisées.

Sur les banderoles, j'ai vu ce slogan qui résume bien ce que pensent les gens : "La ploutocratie doit payer pour la crise." 

Sur la banderole : "Les PIGS (Portugal, Italie, Grèce, Espagne) contre-attaquent".