TERRITOIRES PALESTINIENS

Gaza, une vie dans le noir

Les habitants de Gaza n’ont droit qu’à quelques heures d’électricité par jour. Une contrainte qui affecte profondément leurs vies. Lire la suite...

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À la lueur des bougies. Photo Ismail Amir.

Les habitants de Gaza n’ont droit qu’à quelques heures d’électricité par jour. Une contrainte qui affecte profondément leurs vies.

En juin 2006, l’aviation israélienne a bombardé la centrale électrique à Gaza, plongeant un million et demi de Gazaouis dans le noir. La situation a empiré en novembre dernier, lorsque l’Union européenne a suspendu son aide de 13 millions de dollars qui finançait chaque mois le carburant nécessaire au fonctionnement de la centrale. Depuis, l'usine a réduit sa capacité de 67 à 30 mégawatts et ses heures d’alimentation.

Gaza sans électricité

Il n'y pas d'éclairage public sur les routes, ce qui entraîne de nombreux accidents. Photo Ismail Amir.

Dans les rues sombres de Gaza. Photo Ismail Amir.

Depuis quelques années, les groupes électrogènes fleurissent à Gaza. Photo: Lina Al-Sharif.

"Nous ne disposons que de 10 heures d'électricité par jour"

Hussam El-Nounou vit à Gaza. Il est le cofondateur d'une ONG qui s'occupe de personnes atteintes de maladies mentales.

 

Les coupures régulières et prolongées du courant ont bouleversé nos vies. Nous ne disposons que de 10 heures d'électricité par jour. Pour pallier à ce manque, de nombreux Gazaouis ont acheté des petits groupes électrogènes pour avoir un minimum d’éclairage et allumer leur téléviseur et leur ordinateur. Mais il est impossible de faire fonctionner des appareils gourmands en électricité comme les réfrigérateurs, les machines à laver, les chauffe-eau ou encore les moteurs qui pompent l’eau jusqu’aux étages supérieurs. Nous ne pouvons donc pas prendre des douches au quotidien ni laver nos vêtements régulièrement.

Les coupures de courant affectent également nos vies sociales. Les proches et les amis, fatigués de monter les escaliers, hésitent à vous rendre visite si les ascenseurs ne fonctionnent pas. De leur côté, les personnes âgées souffrent de la solitude et ne sortent que très peu de chez elles. Les enfants deviennent de plus en plus agressifs car les coupures de courant les privent de leurs jeux électroniques et programmes télévisés. Pire, ces coupures provoquent chez les écoliers un sentiment de malaise et une fatigue des yeux puisqu'ils étudient à la lumière des bougies .

De plus, les accidents de voiture se sont multipliés dans les rues de Gaza en l’absence d’éclairage public. Et les hôpitaux ne peuvent pas fournir le courant dans tous leurs services, mettant en danger la vie de nombreux patients."