Photo: Mohammad al-Saleh, publiée sur Flickr, le 31 juillet 2008.

Longtemps délaissée au profit de l’activité lucrative du pétrole, la pêche des perles naturelles reprend depuis quelques années ses droits dans les pays du Golfe. Notre Observateur koweïtien nous fait prendre le large avec ses pêcheurs de bijoux.

Historiquement, les meilleures perles naturelles du monde proviennent du golfe Persique, et notamment de l’île de Bahreïn. Les perles de cette région se caractérisent par un lustre exceptionnel dû à un mélange de courants d’eau douce et d’eau salée présents dans le Golfe.

Mais au début du XXe siècle, la découverte d’énormes gisements de pétrole dans le Golfe et la concurrence des perles de culture japonaise ont mis un terme à cette activité ancestrale.

Depuis quelques années, plusieurs pays du Golfe font revivre cette pêche traditionnelle. Le Qatar célèbre cette tradition durant la semaine culturelle qu’il organise chaque année. Le Koweït a, quant à lui, créé le comité du patrimoine maritime chargé de reproduire le parcours traditionnel des pêcheurs de perles. Et le Bahreïn a interdit l’importation de perles de culture et a déposé ce mercredi sa candidature pour inscrire la pêche des perles sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

 

Le "gofal" et le chant du "nahham"

 

Un bateau de pêcheur koweïtiens sur le chemin du retour. On peut entendre le "nahham" fredonner des chants marins. Vidéo postée elizabeth90omkasha sur YouTube, le 20 août 2008.

Les perles naturelles du Bahreïn

Un marchand de perles au Bahreïn. Photo: Suresh Poliyath, publiée sur Flickr le 6 août 2009.

Photo : Suresh Poliyath, publiée sur Flickr le 6 août 2009.

"Falg almahar" ou l'ouverture des huîtres au Qatar

Photo postée ici par Mohammad al-Manai.

Photo postée ici par Mohammad al-Manai.

Photo postée ici par Mohammad al-Manai.

Photo postée ici par Mohammad al-Manai.

Photo postée ici par Mohammad al-Manai.

Photo postée ici par Mohammad al-Manai.

"Par le passé, le voyage des pêcheurs de perles durait quatre mois"

Mohammad Al-Saleh est le petit-fils d’un pêcheur de perles et photographe au Koweït.

 

A l’été 2008, je me suis rendu à Ras Salimiya, aux bords du golfe Persique, à la rencontre des plongeurs qui rentraient de la pêche aux huîtres. Le comité du patrimoine maritime koweïtien organise chaque année un voyage qui dure environ un mois.

Une fois sur la terre ferme, les plongeurs ont exposé leur récolte en montrant au public les techniques d’ouverture des huîtres. Cette opération est connue sous le nom de 'falg almahar' et a généralement lieu en pleine mer peu avant l’arrivée du 'tawach', le commerçant de perles qui évalue à bord la qualité et la taille des perles et négocie le meilleur prix.

Cette tradition séculaire a ses rituels et sa terminologie. Par le passé, le voyage des pêcheurs de perles durait quatre mois. Le jour du départ, appelé la 'dacha', et le jour du retour, le 'gofal', les familles des pêcheurs sont nombreuses sur le quai. Mais seul le 'nahham' accompagne les pêcheurs durant leur long périple. Pour les distraire, il entonne des chants de marins qui rappellent les exploits des pêcheurs, les dangers de la mer et la nostalgie des siens et du pays."

Le retour des pêcheurs de perles au Koweït


Photo: Mohammad al-Saleh, publiée sur Flickr, le 31 juillet 2008.

Photo: Mohammad al-Saleh, publiée sur Flickr, le 31 juillet 2008.