Le 18 janvier, un torrent destructeur a ravagé le désert du Sinaï. La plus grande ville du Nord-Sinaï, El-Arish, a particulièrement été touchée. Une semaine après le sinistre, notre Observateur nous décrit les scènes de désolation dans sa région.

Cette maison de trois étages à El-Arish s'est effondrée sous la puissance du torrent. Vidéo postée sur YouTube par Ashraf Al-Anany.

Le torrent ravage El-Arish


Les premières minutes du torrent dans le Nord-Sinaï. Vidéo postée sur YouTube par shorbagy1000, le 19 janvier 2010.

Les dégâts à El-Arish. Vidéo postée sur YouTube par alhalwdg, le 22 janvier 2010.

"La peur et l'effroi se lisaient sur les visages"

Ashraf Al-Anany est écrivain et blogueur. Il vit dans la ville de Cheikh Zouwayed, dans le nord du Sinaï.

Je n’ai jamais rien vu de semblable. Ce que j'ai vu était effrayant. Des scènes de destruction à grande échelle, dans toute la région du Sinaï. La peur et l’effroi se lisaient sur le visage des gens.

Le bilan, jusqu'à présent, est de six morts, et entre 100 et 200 blessés. Mais je pense qu'il va s'alourdir. Les dégâts matériels sont également lourds. Les maisons et les immeubles qui se trouvaient sur le passage du torrent ont été complètement détruits. Plus de 572 habitations se sont effondrées. Heureusement que l’armée égyptienne est intervenue. Elle a fait un travail remarquable sur le terrain et a pu sauver plusieurs sites stratégiques comme l’hôpital d’El-Arish qui a suspendu ses activités en raison des inondations.

Les conséquences catastrophiques de ce torrent sont dues à une méconnaissance totale de la géologie. Pourtant, les habitants du Sinaï connaissent, depuis des siècles, la trajectoire naturelle des eaux. Mais ils ont cru que le barrage de Rawafa, situé au milieu du Sinaï, allait les protéger. Malheureusement, le barrage a cédé à plusieurs endroits."