IRAN

Pourquoi Téhéran ne peut pas se passer de Gucci

Il y a quatre ans, Mahmoud Ahmadinejad lançait une grande campagne contre la mode occidentale. Notre Observateur nous explique que cette politique est un échec et nous propose une visite du quartier de la mode de Téhéran. Lire la suite...

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Photo par Mania Karimiyanpour.

Il y a quatre ans, Mahmoud Ahmadinejad lançait une grande campagne contre la mode occidentale. Notre Observateur nous explique que cette politique est un échec et nous propose une visite du quartier de la mode de Téhéran. 

Stylistes à Téhéran

Derrière la caisse, dans un magasin Benetton de Téhéran. Photo postée par "Peace With Iran" en avril 2008.

 

Des boutiques du quartier de la mode au nord de Téhéran. Photos de Mania Karimiyanpour.

"Ces magasins sont censés être secrets. Le gouvernement ne souhaite pas que des étrangers en entendent parler"

Alireza est artiste et  journaliste à Téhéran.

Quand le Shah d'Iran a été renversé il y a trente ans, et que la République islamique a été instaurée, tous les slogans dénonçaient l'invasion de l'Occident 'diabolique'. Depuis lors, les jeunes subissent un lavage de cerveau pour qu'ils haïssent la culture occidentale.

Pourtant, lorsqu'on regarde autour de nous, dans les villes iraniennes modernes, il est clair que cette politique a largement échoué. La mode vestimentaire est un très bon exemple. Le gouvernement a tenté de faire disparaître les vêtements de type occidental, mais sans succès.

Les Iraniens se tiennent au courant des tendances de la mode grâce à Internet. Et certains stylistes de mode organisent des défilés dans leurs maisons. Bien sûr, en faisant très attention à qui ils invitent...

Surtout, il y a le quartier de la mode de Téhéran, au nord de la ville, qui compte une centaine de boutiques. C'est censé être un endroit secret. Le gouvernement ne souhaite pas que des étrangers s'y rendent ou en entendent parler. Mais il n'essaie pas non plus de s'en débarrasser. Je suis sûr qu'il aimerait bien fermer toutes ces boutiques, mais il ne le fait pas parce qu'il profite des taxes sur les produits de luxe.

La police et les milices bassidjis mènent parfois la vie dure à ces boutiques. Le magasin Benetton a été incendié dès son ouverture, en 2006. Puis les islamistes l'ont qualifié de boutique sionniste et l'ont à nouveau attaqué le 31 décembre 2008, au moment de l'offensive israélienne à Gaza.

Depuis le discours d'Ahmadinejad sur le tchador et sur a façon dont les femmes doivent s'habiller, les boutiques du quartier de la mode sont encore davantage sous pression."

Lire nos autres billets sur la mode en Iran: Intervention musclée de la "fashion police" iranienne, et Coupe toi les cheveux.