LIBAN

Il faut sauver le lionceau Mary

La photo de ce lionceau de cirque, blessé et famélique, a fait réagir les Libanais à tel point que le ministre de l’Agriculture est allé contre l’avis des vétérinaires pour arrêter le calvaire de l’animal.

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Le lionceau Mary en cage. Crédits : Animals Lebanon.

La photo de ce lionceau de cirque, blessé et famélique, a fait réagir les Libanais à tel point que le ministre de l’Agriculture est allé contre l’avis des vétérinaires pour arrêter le calvaire de l’animal.

Le lionceau faisait partie d’une cargaison de six lions et de trois tigres importés d’Egypte par les gérants d’un cirque de Beyrouth. Les bêtes devaient être montrées lors de spectacles quotidiens pendant six mois.

L’organisation Animals Lebanon a enquêté sur les mauvais traitements subis par ces félins, dont elle vient d’obtenir qu’ils soient renvoyés en Egypte.

De nombreux pays (Allemagne, Portugal, Bolivie, Autriche, Danemark, Finlande, Suède, Norvège...) interdisent la présence d’animaux sauvages dans les cirques. Le Liban n'en fait pas partie.

Le camion qui transporte les animaux lors de son arrivée le 27 décembre au soir. Crédits : Animals Lebanon.

"Ses griffes avaient été arrachées pour que les enfants puissent l’approcher"

Maggie Sharawi est cofondatrice et vice-présidente de Animals Lebanon.

 

Le 25 décembre, un mail nous a alerté sur l’arrivée imminente au Liban d’une cargaison de lions et de tigres en provenance d’Egypte. Nous avons rapidement fait le lien entre cette cargaison et un cirque dont les affiches placardées partout annonçaient des numéros avec des félins.

Selon les affiches du cirque, les spectacles devaient débuter le 23 décembre. Ils ont été reportés plusieurs jours car les animaux n’étaient pas encore arrivés. Crédits : Animals Lebanon.

Des membres de la fondation de la princesse Alya avaient déjà intercepté la cargaison à la frontière entre l’Egypte et la Jordanie [ne pouvant pas passer par Israël, les camions doivent passer par la Jordanie pour atteindre le Liban]. Ils avaient appris que les animaux n’étaient pas sortis du camion depuis dix jours et qu’ils n’avaient pas mangé ou bu depuis 3 jours. Ils étaient dans un sale état. Les chauffeurs se justifiaient en expliquant que le propriétaire ne leur avait pas donné d’argent pour nourrir les bêtes. Les membres de la fondation Alya ont donc donné à boire et à manger aux bêtes et ils les ont soignées. Ensuite, ils les ont escortées jusqu’à la frontière syrienne.

Les garde-frontières jordaniens ont sorti les animaux du camion pour les nourrir. Crédits : Princess Alia Foundation.

Le convoi est arrivé à Beyrouth le 27 décembre à 19h20. A son bord, il y avait cinq lions adultes, trois tigres et un pauvre lionceau qui saignait car ses griffes avaient été arrachées pour que les enfants puissent l’approcher.

Les blessures dues aux griffes arrachées n’avaient pas eu le temps de cicatriser avant le voyage. Crédits : Princess Alia Foundation.

Nous avons immédiatement alerté le ministère de l’Agriculture libanais, mais ses vétérinaires n’ont rien trouvé à redire sur la santé et le traitement des animaux. Au lendemain de leur arrivée chez nous, les pauvres bêtes participaient déjà à des spectacles quotidiens. Le lionceau était, lui, enfermé dans une cage recouverte d’une épaisse bâche en plastique.

Le lionceau Mary dans sa cage. Crédits : Animals Lebanon.

Nous sommes donc allés voir directement le ministre de l’Agriculture, Dr. Hussein Hajj Hassan, et nous lui avons présenté des photos accablantes. Il a été très coopératif et nous a demandé de faire appel à des vétérinaires indépendants. Sur la base de leur rapport, il a rendu sa décision : une fois le propriétaire des animaux notifié, les félins seront déportés dans un délai de 48 heures.

Lion épuisé dans sa cage. Crédits : Animals Lebanon. 

Entre-temps, les policiers ont débarqué dans le cirque et ont arrêté les représentations. C’est bon signe, cela montre que le pays est de plus en plus sensible à la maltraitance des animaux".

Les bêtes ont participé à leur premier spectacle moins de 24 heures après leur arrivée à Beyrouth. Crédits : Animals Lebanon.