IRAN

"Les policiers ont frappé les femmes, ça a rendu les hommes fous"

Une manifestante le 27 décembre, à Téhéran. Source : . Une jeune manifestante, Sheema, nous raconte comment, lors des manifestations de dimanche à Téhéran, des policiers ont été capturés par les manifestants. Pour elle, c'est surtout le traitement infligé aux femmes par les milices bassidjis qui a mis le feu aux poudres. Lire la suite...

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Le 27 décembre, à Téhéran. Source : Teheranlive

Une jeune manifestante, Sheema, nous raconte comment, lors des manifestations de dimanche à Téhéran, des policiers ont été capturés par les manifestants. Pour elle, c'est surtout le traitement infligé aux femmes par les milices bassidjis qui a mis le feu aux poudres.

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"En Iran les femmes sont considérées comme des créatures fragiles"

Sheema, 26 ans, étudie les arts à Téhéran.

Ce sont les gardes, la police anti-émeute, les services de sécurité et les bassidjis qui ont chargé les premiers et tiré sur les gens.

Le 27 décembre, au rond-point Vali Asr, à Téhéran. Source alpaka101. La police charge à 1'10.

C'est la première fois que je voyais les gens aussi en colère. D'abord parce qu'ils ne s'attendaient pas à ce qu'on leur tire dessus. Mais aussi à cause des violences commises par la police envers les femmes. En Iran, les femmes sont considérées comme des créatures fragiles que les hommes doivent protéger et soutenir. Les voir se faire frapper a rendu les hommes fous.

Le 27 décembre, à Téhéran. Source inconnue.

Pendant les affrontements, j'ai vu des manifestants faire tomber les bassidjis de leur moto. Certains se sont fait tabasser et leur moto ont été brûlées.

Le 27 décembre, à Téhéran. Source UNITY4IRAN. A 0'18, on voit un motard mis à terre par les manifestants.

A un moment, j'ai vu deux femmes essayer de protéger des policiers. Elles les ont même pris dans leurs bras et ont fait reculer la foule.

 

Le 27 décembre, à Téhéran. Source : Teheranlive.

A un autre endroit, il y avait tout un groupe de motards qui avaient été capturés. Ils suppliaient les manifestants de ne pas les battre. Là encore, ce sont sept jeunes femmes qui se sont interposées. C'était un beau moment d'humanité.

Le 27 décembre, à Téhéran. Source Greenpower.

Encore plus loin, j'ai vu un bassidji qui criait : "Ne me tapez pas, moi aussi je suis contre le régime !" Ça a fait rire les gens et ils l'ont laissé partir.

Je pense que ces scènes constituent des victoires morales pour notre mouvement. Et peut-être que la prochaine fois, ces policiers s'en souviendront lorsqu'ils arrêteront des manifestants."