DANEMARK

Passes gratuites pour les participants à la conférence de Copenhague : "C’est pas une blague"

Les prostituées de Copenhague ont décidé d'offrir gratuitement leurs services aux délégués participant à la conférence sur le climat. À l'origine de cette démarche, une campagne anti-prostitution menée par la mairie de la capitale danoise, à la veille de l'ouverture du sommet. Lire la suite...

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Les prostituées de Copenhague ont décidé d'offrir gratuitement leurs services aux délégués participant à la conférence sur le climat. À l'origine de cette démarche, une campagne anti-prostitution menée par la mairie de la capitale danoise, à la veille de l'ouverture du sommet.

Au début du mois de décembre, alors que 30 000 personnes étaient attendues à Copenhague, les autorités municipales ont déposé des cartes postales dans 160 hôtels de la ville pour inciter les participants à la conférence de l'ONU à ne pas s'encanailler avec les prostituées locales. Le slogan de la campagne se voulait un clin d'œil aux discussions sur le réchauffement climatique : "Soyez durable, n'achetez pas de sexe".

La prostitution étant parfaitement légale au Danemark, les "travailleuses du sexe" n'ont pas tardé à réagir. Furieuses que la mairie se serve du sommet pour les marginaliser, elles ont répliqué avec des arguments prompts à faire monter la température dans les salles de négociation : l'offre d'une passe gratuite pour tout délégué qui leur ramènerait l'une des cartes postales anti-prostitution.

Les prostituées de Copenhague se mobilisent contre la discrimination

"Seuls quatres participants nous ont contacté"

Susanne Moller est prostituée et porte-parole de l'organisation Sex Worker Interest Organisation of Denmark (SIO), qui a lancé l'initiative "sexe gratuit".

Évidemment, cette offre n'est pas une blague ! Mais, pour le moment, quatre participants au sommet seulement nous ont contactés pour en profiter. Ils doivent envoyer une copie de leur badge d'accréditation, ainsi qu'une pièce d'identité pour obtenir un bon valide pour une passe gratuite. Les participants à la conférence ne sont pas pauvres, ils préfèrent sans doute payer pour préserver leur anonymat.

Personnellement, je travaille chez moi. Mais la plupart des prostituées, ici, travaillent dans les 'cliniques' [terme désignant les bordels, au Danemark, ndlr]. La plupart des filles travaillent à temps partiel seulement ; elles louent une chambre à la 'clinique' pour 1000 à 1500 couronnes par jour (135 à 200 euros) et monnaient une passe de 30 minutes 700 à 1000 couronnes (95 à 135 euros).

La prostitution est tout à fait légale au Danemark, même si elle reste une profession très mal considérée, souvent décrite comme un problème social. Or, personne ne veut apporter le moindre soutien à un 'problème social'. Si je veux adhérer à un syndicat ou souscrire une assurance pour mon lieu de travail, c'est impossible ! Nous payons des impôts sur nos passes et, pourtant, nous subissons toujours des discriminations.

La mairie a lancé cette campagne pour, dit-elle, protéger l'image de la ville, après qu'un mini-sommet sur l'environnement en mai dernier a fait exploser la prostitution à Copenhague. Mais nous n'avons vu aucune preuve de cette prétendue augmentation."

La campagne anti-prostitution lancée par la mairie de Copenhague