GRÈCE

"Les mêmes prix qu'en Grande-Bretagne, mais pas les mêmes salaires"

L'Europe toute entière s'inquiète du déficit abyssal de l'État grec. Ce qui inquiète les Grecs, plus prosaïquement, c'est de voir qu'un verre de bière leur coûte 4 euros, comme en Grande-Bretagne ou en France, alors qu'ils gagnent rarement plus de 1 000 euros par mois. Lire la suite...

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L'Europe toute entière s'inquiète du déficit abyssal de l'Etat grec. Ce qui inquiète les Grecs, plus prosaïquement, c'est de voir qu'un verre de bière leur coûte 4 euros, comme en Grande-Bretagne ou en France, alors qu'ils gagnent rarement plus de 1 000 euros par mois.

La Grèce se dirige-t-elle vers la banqueroute ? Sa santé financière fait en tout cas débat depuis que les agences de notations l'ont sanctionnée, en début de semaine, pour l'ampleur de son déficit budgétaire et de sa dette. Affichés à 6 % en début d'année, les déficits s'élèvent en réalité à 12,7 % du PIB, gonflant encore un peu la dette qui s'élève, elle, à 113 % du PIB en 2009. Ses dirigeants sont à présent confrontés à une équation quasi insoluble : relancer l'économie et lutter contre le chômage massif des jeunes tout en réduisant les dépenses. Une tâche qui s'annonce d'autant plus ardue que le climat social est toujours tendu, un an après les pires émeutes que la Grèce ait connues depuis des décennies.

Vous vivez en Grèce ? N'hésitez pas à nous faire part de votre témoignage.

"J'ai de nombreux amis qui ne trouvent pas de travail, tandis que ceux qui en ont un sont très mal payés"

Vaggelis Gettos est un jeune journaliste qui travaille dans une radio à Athènes.

Le principal problème, c'est toujours le chômage des jeunes qui gangrène le pays. J'ai de nombreux amis qui ne trouvent pas de travail, tandis que ceux qui en ont un sont très mal payés. La génération 700 euros existe toujours [le salaire minimum grec, que touchent de nombreux jeunes diplômés]. Moi, je touchais simplement 400 euros par mois les deux premières années après l'université pour un travail à temps complet, ce qui est pourtant illégal. A présent, je gagne 900 euros et je me considère comme un privilégié par rapport à mes amis. Même si les chiffres du déficit public sont inquiétants, ce n'est pas une nouvelle pour moi. Cette crise financière n'est en fait qu'une partie de la grave crise sociale et politique que traverse le pays."

"Ce sont à peu près les mêmes prix qu'en Grande Bretagne, mais ici la plupart des gens gagnent moins de 1 000 euros par mois"

Craig Werlock est un Britannique expatrié en Grèce. Il est professeur dans une école privée. Les photos proviennent de son blog.

Manifestation de jeunes à Thessalonique, dans le nord du pays.

 

Sur les dessins, de gauche et de droite, le bouclier du policier représente un logo du Nouvelle démocratie(ND), le parti qui était au pouvoir l'année dernière, lors des émeutes. Au centre, c'est le logo du Pasok, actuellement aux affaires.

Les gens sont en colère car la vie est bien trop chère. Une bière dans un bar coûte 4 euros ; un dîner dans un petit restaurant 20 euros ; la location d'un 2 pièces à Athènes 400 euros par mois. Ce sont à peu près les mêmes prix qu'en Grande Bretagne, mais ici la plupart des gens gagnent moins de 1 000 euros par mois. Un professeur de langue dans le public gagne au mieux 1 300 euros. Quant au taux de chômage, beaucoup pensent qu'il est bien supérieur à ce qu'annonce le gouvernement.

Le système éducatif va très mal. Les cours du soir sont devenus un passage obligé pour les étudiants. Si tu veux aller à l'université et si tu veux trouver un travail, tu ne peux pas te contenter de l'enseignement obligatoire. De la maternelle à l'université, la qualité de l'enseignement public est trop mauvaise, sauf dans quelques prestigieuses universités, mais il y est très difficile d'y entrer. Et cela va sans doute empirer quand le gouvernement va réduire les dépenses."