IRAN

Des étudiants en colère invectivent un député pro-Ahmadinejad

Fréquemment invités par les bassidji à s’exprimer dans les universités, les intervenants favorables au régime iranien rencontrent, depuis l’élection présidentielle controversée du mois de juin, de plus en plus de réactions hostiles de la part des étudiants. Le 16 novembre, un fervent supporter du président Ahmadinejad a été accueilli par des huées et des "Assassin", "Casse-toi" et "Menteur !".

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Fréquemment invités par les bassidji à s’exprimer dans les universités, les intervenants favorables au régime iranien rencontrent, depuis l’élection présidentielle controversée du mois de juin, de plus en plus de réactions hostiles de la part des étudiants. Le 16 novembre, un fervent supporter du président Ahmadinejad a été accueilli par des huées et des "Assassin", "Casse-toi" et "Menteur !".

Invité à s’exprimer à l’université de Qazvin, près de Téhéran, le député et mollah Hamid Rasaei, un allié fidèle du président iranien, a été contraint de quitter les lieux quelques minutes après avoir entamé son discours. Déstabilisé par le flot de cris et de slogans hostiles proférés par les étudiants, celui-ci a bien tenté de répliquer aux insultes dirigées contre Mahmoud Ahmadinejad, mais ses paroles n'ont fait qu’accentuer la colère de l’auditoire. Au slogan "Les étudiants vont mourir mais ils n’abandonneront pas" succèdent des "Mort au dictateur !" et "Mort à la Russie !" (les opposants au régime considèrent que la Russie le soutient). En guise de réponse, les bassidji, à l’origine de l’évènement, répliquent en lançant : "Mort à l’Amérique".

"Les intervenants pro-régime continuent à diffuser leur propagande malgré l’hostilité des étudiants"

Ali X. est étudiant, il vit à Téhéran.

 

De telles manifestations d'hostilité envers des intervenants pro-gouvernementaux sont un phénomène nouveau : on en voit de plus en plus depuis la réélection d'Ahmadinejad. Les intervenants sont invités par des groupes de bassidji présents dans les universités. Ils ne sont pas enseignants et ne viennent pas parler d'un thème précis, mais simplement faire de la propagande.

Hamid Rasaei n'était pas très connu avant de devenir député, mais il s'est fait connaître par son soutien sans bornes au président Ahmadinejad - il est l'un de ses plus fidèles lieutenants. Il était l'un des deux mollahs qui l'ont accompagné à New York lors de la dernière assemblée générale des Nations unies. S'attaquer à lui aussi directement est un message très fort adressé au gouvernement.

À chaque fois que des étudiants ont ouvertement hué un partisan du régime venu faire une intervention, certains se sont fait virer de l'université. Mais les jeunes continuent de résister : beaucoup se comportent comme s'ils se fichaient de ce qui peut leur arriver. Les gens ont le sentiment que la répression continuera même s'ils se taisent, alors à quoi bon ? En attendant, ce type de propagande se poursuit malgré les démonstrations d'hostilité des étudiants - on dirait presque qu'il s'agit d'une sorte de programme gouvernemental."