ISRAËL

Après 50 ans passés à Jérusalem-Est, les Iskafi attendent l’expulsion

La famille Iskafi habite à Sheikh Jarrah, un quartier de Jérusalem-Est. Il y a quelques jours, les Iskafi ont reçu l'ordre d'un tribunal israélien de quitter leur maison. Motif : des colons israéliens revendiquent la propriété du terrain sur lequel est bâtie leur maison. Lire la suite...

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La mère et deux fils de la famille Iskafi, l'été dernier.

La famille Iskafi habite à Sheikh Jarrah, un quartier de Jérusalem-Est. Il y a quelques jours, les Iskafi ont reçu l'ordre d'un tribunal israélien de quitter leur maison. Motif : des colons israéliens revendiquent la propriété du terrain sur lequel est bâtie leur maison.

Les Iskafi font partie de ceux qu'on appelle "les Arabes de 48". Ils avaient déjà été expulsés de Jérusalem-Ouest après la création de l'Etat hébreu. Leur maison actuelle a été construite par l'agence onusienne de l'UNRWA et le gouvernement jordanien.

Deux familles de leur quartier ont récemment été expulsées. Les maisons évacuées ont été immédiatement investies par des colons israéliens, sous le regard impuissant des anciens propriétaires.

FRANCE 24 cherche à publier le témoignage de colons israéliens installés à Jérusalem-Est après avoir délogé des familles arabes. Vous pouvez nous mettre en contact ? Ecrivez-nous à observers@france24.com.

La famille al-Kurd, expulsée en 2008, vit depuis dans une tente près de son ancienne maison

"Les colons disent qu’ils ont acheté le terrain il y a 120 ans. Or, à l’époque, c’était l’Empire ottoman"

Abdel Fattah Talab Iskafi, 60 ans, le père de la famille Iskafi qui est menacée d'expulsion à Jérusalem-Est.

Les Israéliens nous ont forcé à quitter notre maison, une première fois, en 1948. Nous habitions dans le quartier Eshamma'a, à Jérusalem-Ouest. Et là, ils veulent nous chasser de chez nous à nouveau.

La maison de la famille  Iskafi.

Nous habitons ici depuis 1957. Après notre première expulsion, l'Etat jordanien nous a offert un terrain à Jérusalem-Est et l'UNRWA a construit notre maison. L'UNRWA est responsable de notre situation actuelle. Nous les avons contacté pour leur demander de nous protéger en mettant un drapeau de l'ONU dans notre quartier. Ils ont refusé. Ils l'avaient déjà fait dans deux autres villages : Kalandia et Sho'fat. Mais comme nous sommes situés à Jérusalem, ils nous ont dit qu'ils ne voulaient pas de problème avec Israël.

Les colons qui ont porté plainte contre nous disent qu'ils ont acheté le terrain il y a 120 ans. Or, à l'époque, c'était l'Empire ottoman. Ils ne possèdent aucun document datant de l'époque.

Ils ont juste un contrat qui date de 1973 délivré par Israël. Et leur tribunal s'est basé sur ce document pour ordonner notre expulsion.

Face à notre détermination, les colons ont demandé des justificatifs de propriété de l'époque à la Turquie. En vain. Ce pays a contesté leur propriété et renforcé notre position. Avant le procès, les Israéliens nous avaient proposé des millions de dollars pour quitter notre maison. Cela prouve qu'ils savent qu'ils ont tort. Ils ont voulu nous acheter. Mais nous ne sommes pas à vendre, nous voulons juste garder notre maison.

Si nous sommes chassés, nous resterons dans la rue pour résister, comme le font les familles el-Ghaoui et Hannoune, expulsés en août."

Expulsion des familles Hannoune et el-Ghaoui à Sheikh Jarrah

Août 2009. Vidéo postée sur Youtube par Qudsmedia