Photo: scène extraite de la série intitulée Skins.

Si vous n'avez jamais entendu parler des "Skins" et de leurs fêtes délurées, c'est que vous êtes déjà un vieux chnoque de 25 ans ou plus. Les premiers "Skinners" se sont inspirés de la série britannique du même nom pour organiser des soirées trash alliant sexe, drogue et électro. Mais ces soirées sont-elles aussi folles qu'on le dit, notamment dans les médias ?

La page Facebook de la prochaine "Skins party" organisée à Paris promet une fête "No limit", où tout sera permis. Une fête aussi déjantée que celles que l'on peut voir dans la série ; un défouloir pour adolescents cherchant à tromper l'ennui et à échapper à leur quotidien. Dans les maisons saccagées et les entrepôts désertés imaginés par les scénaristes, des langues lascives se font passer des pilules d'ecstasy, les corps se dénudent et l'alcool coule à flots. Les images de ces orgies imaginaires ont inévitablement donné envie aux fans de s'y essayer. En Grande-Bretagne d'abord, puis en France, des ados ont tenté de recréer, en vrai, l'atmosphère de débauche de leur série culte.

Mais à y regarder de plus près, les dernières "Skins parties" organisées dans l'Hexagone sont bien loin des atmosphères de "défonce underground" de la série. Et même si des puristes organisent, effectivement, de petites orgies une fois leurs parents sortis, la plupart des évènements dit "Skins" sont, en réalité, strictement encadrés et organisés. Les sponsors font de leur mieux pour cultiver une image underground du mouvement (un organisateur de soirées a refusé de nous répondre en expliquant que le site des Observateurs ne correspondait pas à  l'"image" qu'il souhaite véhiculer), mais l'esprit semble plus bon enfant que trash.

Une "Skins party" à Aix-en-Provence : plus bon enfant que trash

 

Postée sur le blog Skandalizer par Photospecral.

Postée sur le blog Skandalizer par Photospecral.

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 Après la soirée. Postée sur Facebook par Steven Grande.

Postée sur Facebook par Steven Grande.

"À Aix, je suis allé à une 'Skins party' vraiment grandiose"

Steven Burtin, 20 ans, fait une formation commerciale en alternance, à Dijon.

 

J’habite à Dijon, où dès qu’on fait une soirée un peu trop mouvementée, ça se ressent trop, on ne peut pas vraiment se lâcher. Il y a eu une tentative de 'Skins party' improvisée, mais elle est tombée à l’eau.

À Aix, je suis allé à une soirée vraiment grandiose. Elle devait se dérouler, au départ, dans un château, mais la soirée précédente s’était mal terminée, ses participants avaient jeté des meubles dans la piscine… Alors, finalement, elle a eu lieu dans la boîte 'Le Mistral'. Mais tout, à l’intérieur, avait été modifié : toutes les choses fragiles avaient été cachées, les murs protégés, un bac à mousse, un bac à boules et une cabane en plastique pour enfants avaient été installés. Bref on délirait comme des mômes, tout était autorisé, on pouvait casser des verres, monter sur les meubles, graffer les murs... C’était génial ! Il y avait un mec avec des bouteilles d’hélium. On en inhalait tous, on avait des voix ridicules. Côté drogues, j’ai vu des pet' et un peu de coke. Les gens ne se cachaient pas pour en prendre, personne ne disait rien.

C’est vraiment bon enfant – même si tout le monde n’est pas dans son état normal ça ne dégénère pas, il n’y a pas de violence. Des gens débarquent de toute l’Europe pour les soirées 'Skins' à Aix, elles sont vraiment bien. "

"Les 'Skins parties' sont une nouvelle génération de soirées"

Maxence Tasserit, 19 ans, est étudiant en troisième année de Cinéma et d’Histoire, à Lille.

 

Je ne suis pas un fan de la série, j’ai découvert les soirées avant. Elles sont arrivées très vite. En quelques mois, il y a eu des vidéos de fêtes 'Skins' partout en ligne, c’était un buzz spontané. Depuis, les 'Skins parties' ont évolué : les autorités sont moins débordées, de grands noms de la scène électro font le déplacement, il y a des sponsors et des vigiles – je dirais même qu’il y avait trop de vigiles à celle où je suis allé. Ils sortaient les gens qui roulaient des joints et menaçaient de faire des fouilles au corps pour chercher des stupéfiants. Officiellement, les mineurs n'ont pas le droit de participer à ces fêtes. Les cartes d'identité étaient donc demandées à l'entrée. La moyenne d’âge est assez jeune : je dirais pas plus de 25 ans.

Les 'Skins parties' sont une nouvelle génération de soirées. Elles ne se déroulent plus dans des boîtes branchées où il faut être bien sappé, connaître quelqu’un et payer une fortune pour boire un verre. On peut y venir habillé n’importe comment. Plus c’est fou, mieux c’est ! Beaucoup de gens étaient déguisés, il y avait des gars habillés en super-héros. Moi, je portais un masque blanc et des bretelles. Les tenues des filles étaient mi-fun, mi-provoc'… Celles des mecs aussi, d’ailleurs. L’alcool est moins cher qu’en boîte, ce qui est mieux pour les jeunes.

Le lieu des soirées 'Skins' est tenu secret jusqu’à la dernière minute. À Lille, on avait rendez-vous à la gare de Lille-Flandres, où des bus nous attendaient pour nous emmener dans une grande salle, quelque part en Belgique. La soirée était sympa : beaucoup de monde, bonne musique, bonne ambiance. Quand on va en boîte, c’est plutôt pour draguer et être vu. Les soirées 'Skins', on y va pour le fun. "

Vidéo postée sur YouTube par Maxence Tasserit.