ÉGYPTE

Hosni écarté de l'Unesco : "Il avait vendu ses principes pour obtenir le poste"

A la surprise générale, c’est la Bulgare Irina Bokova qui a été élue, mardi, directrice générale de l'Unesco au dépend de Farouk Hosni. La défaite du controversé, et archi-favori, ministre égyptien de la Culture fait réagir sur les bords du Nil. Lisez les réactions de nos Observateurs...

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A la surprise générale, c'est la Bulgare Irina Bokova qui a été élue, mardi, directrice générale de l'Unesco au dépend de Farouk Hosni. La défaite du controversé, et archi-favori, ministre égyptien de la Culture fait réagir sur les bords du Nil.

La diplomate bulgare Irina Bokova devient la première femme à diriger l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco). Elle doit son élection notamment à une forte mobilisation d'intellectuels et d'organisations juives qui accusent Farouk Hosni d'antisémitisme.

A l'annonce de ce résultat, les réactions ne se sont pas fait attendre. Si le prix Nobel de la Paix, Elie Wiesel, a estimé que l'Unesco avait échappé à un "désastre moral", certains intellectuels égyptiens dénoncent, eux, le travail de sape du "lobby juif". En revanche, le pouvoir égyptien, qui avait fortement encouragé la candidature de Farouk Hosni, est resté étrangement discret sur ce revers.

Nos Observateurs égyptiens commentent la situation dans le pays au lendemain de ce fiasco.

"Cette défaite est un grand soulagement pour les Égyptiens"

Ismail Alexandrani est journaliste, blogueur et activiste des droits de l'Homme à Alexandrie, en Egypte.

Nous aurions évidemment été ravis que l'Egypte place un homme à la tête de l'Unesco mais, en fait, cette défaite est surtout un grand soulagement pour les Egyptiens. Le site Masrawi, qui est le site le plus consulté en Egypte, publie quotidiennement des dizaines de commentaires critiques à l'égard de Hosni.

Cet homme a mené durant 20 ans, à la tête du ministère de la Culture, une politique qui va à l'encontre du patrimoine culturel de ce pays. Il a été responsable de plusieurs catastrophes, dont l'exemple le plus éloquent est sans doute l'incendie, en septembre 2005, du théâtre Bani Soueif [Haute-Egypte] dans lequel 46 personnes ont péri. Ce théâtre qui appartenait au ministère de la Culture avait pris feu durant une représentation en raison de l'état de délabrement dans lequel il se trouvait.

Il s'était également pris aux femmes voilées les considérant comme retardées mentalement. S'il avait été élu comme directeur général de l'Unesco, l'opprobre aurait frappé le monde de la culture".

"Beaucoup pensent qu'il a vendu ses principes pour obtenir le poste de l'Unesco"

Ahmed Gamal-Eldin travaille dans la communication au Caire, en Egypte.

Les Egyptiens sont mécontents de perdre la présidence d'une organisation internationale importante telle que l'Unesco. Mais beaucoup reprochent également à Farouk Hosni d'avoir voulu amadouer le peuple israélien et son gouvernement après ses propos sur les livres hébreux. Il ne s'est pas ainsi contenté de présenter ses excuses mais il a même fait machine arrière en demandant de traduire des livres de l'hébreu en arabe. Il a ensuite invité le musicien israélien Daniel Barenboïm pour un concert à l'opéra du Caire malgré l'opposition de nombreuses personnalités. Beaucoup pensent qu'il a vendu ses principes pour obtenir le poste de l'Unesco."