CHINE

35 morts dans une mine, la corruption en cause ?

Ils étaient 93 ouvriers au fond de la mine quand le coup de grisou s'est produit. Seuls 14 sont pour l'instant sortis sains et sauf. Le gouvernement local affirme qu'il avait interdit l'exploitation de ce puits, qui devait être remis aux normes. Alors comment un tel drame a-t-il pu arriver ?

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Ils étaient 93 ouvriers au fond de la mine quand le coup de grisou s'est produit. Seuls 14 sont pour l'instant sortis sains et sauf. Le gouvernement local affirme qu'il avait interdit l'exploitation de ce puits, qui devait être remis aux normes. Alors comment un tel drame a-t-il pu arriver ?

L'explosion a eu lieu le 8 septembre à l'aube dans l'un des puits de la cité minière de Pingdingshan dans la province du Henan. Le bilan provisoire est de 35 morts, mais 44 mineurs seraient toujours bloqués au fond. Seuls les journalistes de l'agence officielle Xinhua ont été autorisés à couvrir l'incident.

"Le patron a dû graisser la patte du gouvernement local pour qu'il ferme les yeux"

Cai Chongguo est spécialiste des problèmes sociaux en Chine. Il vit à Paris et est l'auteur de "Chine, l'envers de la puissance". Il tient un blog.

Le patron de la mine n'a pas respecté l'ordre de fermer son exploitation. Il a probablement graissé la patte du gouvernement local pour qu'il ferme les yeux. C'est une pratique courante en Chine. Il arrive aussi que les autorités locales soient actionnaires de la mine et donc préfèrent la voir fonctionner.

Il n'y a, à l'heure actuelle, aucune couverture indépendante de cet accident. A quelques semaines de la grande fête nationale de la Chine populaire, les autorités restreignent le travail des journalistes, sauf ceux qui travaillent pour le gouvernement. Seule la version officielle est véhiculée par les médias.

Depuis une dizaine d'années, la privatisation des mines ont contribué à l'aggravation des conditions de travail des mineurs, qui sont le plus souvent des travailleurs migrants, sans formation et qui ne peuvent se tourner vers aucune organisation syndicale.

Depuis deux ans, en réaction à la multiplication des explosions dans les mines, des lois ont été votées. L'une d'entre elles oblige, par exemple, les employeurs à signer un contrat de travail avec leur ouvriers. 

Les inspections devraient également être plus sévères qu'avant. Mais cette bonne volonté du gouvernement central se heurte à la résistance des autorités locales et à la corruption généralisée.

Selon les chiffres officiels, 3 000 personnes seraient mortes dans des accidents de mines en 2008 [3 200 selon cette dépêche AFP], mais le vrai chiffre est plus proches de 10 000. Tant que la Chine refusera la liberté de la presse et le droit de s'organiser pour les ouvriers, les choses ne pourront pas s'améliorer."

A l'intérieur des mines chinoises

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