Un internaute inscrit sur Les Observateurs nous envoie ce billet sur la guerre civile au Yémen. Ce texte n'a pas été édité et vérifié par FRANCE 24.

Ces derniers mois, Ali Abdullah Saleh (président du Yémen), a recruté dans les rangs d'al-Qaeda. Son plan était d'utiliser les combattants d'al-Qaeda pour combattre les Houthis à Saada. Un député yéménite Yahya al-Houthi, inquiet à propos de l'aide apportée à al-Qaeda au Yémen par l'Arabie Saoudite, a fait part à Press TV, chaîne d'information iranienne, de son inquiétude concernant les efforts multipliés du Royaume pour mener une campagne de répression contre les chiites de ces deux pays à travers l'aide d'al-Qaeda.

Dans cette interview, al-Houthi fait aussi part de sa crainte de voir se propager l'idéologie wahhabite au Yémen, à travers des opérations menées par al-Qaeda que commanditerait l'Arabie Saoudite, qui souhaite que le Yémen serve de base à l'organisation terroriste. Cette crainte est d'autant plus renforcée avec la création d'un camp d'entraînement pour al-Qaeda dans la région de Waila (Yémen). D'après al-Houthi, les zones de Malahit et Hasana, contrôlées auparavant par les Houtis, sont aussi des zones de destination d'armes que l'Arabie Saoudite livrerait aux terroristes d'al-Qaeda. Selon lui, la présence d'Ali Abdullah Saleh à la présidence du Yémen est une volonté de la part du Royaume saoudien, autrement beaucoup de secrets pourraient être révélés. On imagine que ces dits secrets mettent concernent notamment soutien du royaume saoudien à al-Qaeda.

Ces dernières semaines, l'armée du Yémen a en outre combattu les combattants Houthis plus intensément dans le district de Hamma et dans le sud du Soufyan, malgré les avertissements des Nations Unies, faisant de nombreuses victimes civiles lors de leur raids dont des femmes et des enfants. Existant depuis les années 80, la rébellion houthiste est un mouvemen chiite zaydiste. Leur but était d'instaurer un imamat zaydite dans le nord du Yémen.

5 chiites arrêtés en Arabie Saoudite

Le lundi 3 Août, alors que tous les chiites célèbrent l'anniversaire du 5ième Imam, les forces de sécurité saoudienne arrêtent cinq chiites qui avaient déjà été détenus dans l'Est du royaume auparavant. Leur faute : avoir voulu célébrer cet anniversaire.

L'Arabie Saoudite est connue pour sa version wahhabite de l'Islam, l'interprétation du Coran que la famille Saoud se passe de main à main, de générations en générations depuis que le royaume a été fondé, considérant les chiites comme des infidèles. Au Royaume, ces derniers sont d'ailleurs interdits d'accès à des postes importants au sein de la fonction publique, comme officier, professeur, ou agent de force de sécurité ; et des chiites qui ont voulus changer ça se sont vus mettre en prison. Les droits qu'ont les chiites d'Arabie Saoudite sont donc très limités, et le Royaume, critique envers les autres religions autres que l'Islam, le sont peut-être encore plus vis-à-vis des chiites, chaque camp revendiquant sa version authentique de l'Islam. Une situation sociale comparable à celle déjà vécue par les chiites d'Irak sous le régime de Saddam Husein.

Le Yémen dément avoir reçu l'aide de l'Arabie Saoudite pour son combat contre les Houthis. Depuis 2004, ces combats ont faits des milliers de morts et plusieurs milliers de déplacés. Et comme dans tout conflit, chaque camp a une version des faits : selon le gouvernement yéménite, l'offensive de l'armée contre la rébellion chiite est à l'initiative du Yémen, et non de l'Arabie Saoudite, et selon la rébellion, le gouvernement reçoit l'aide du Royaume. Pour les Houthis, la zone montagneuse de Saada aurait même été bombardée par des avions saoudiens, et ce à plusieurs reprises depuis 2004. Un des membres de la rébellion a même déclaré : « L'armée de l'air saoudienne a effectué plusieurs sorties Jeudi matin sur la zone de Malaheez et a bombardée cette zone, avant de retourner en Arabie Saoudite. »

Ce que s'est empressé de démentir un porte-parole du gouvernement yéménite relayé par l'agence Saba : « Ces accusations sont sans fondements. Ils cherchent désespérément à impliquer nos frères saoudiens dans les affrontements ». Cette dernière déclaration, si elle s'avérait vraie, montre à quel point il est difficile pour les chiites de s'insérer normalement dans la société yéménite, où les mots « frères saoudiens » prennent tout leur sens quand on connaît la marge de manœuvre des chiites en Arabie Saoudite.

On pourrait y voir là la main de Riyadh sur Saana, où le gouvernement saoudien préfère livrer un combat contre les chiites en territoire yéménite plutôt que dans son Royaume, ce qui serait très dégradant pour son image, premièrement vis-à-vis de la communauté internationale qui, sûrement, condamnerait des répressions trop graves sans agir, et secondement vis-à-vis de Téhéran où des actes hostiles de la part de l'Iran envers l'Arabie Saoudite ne se feraient pas attendre.

Seulement le Yémen est très réputé pour être l'un des points servant de base à al-Qaeda, ce qui diminue très fortement les possibilités pour une éventuelle aide aux chiites de la part de l'extérieur, y compris de l'Iran ... qui a de plus gros problèmes à régler avant de traiter les questions religieuses.

Saana et Bagdad, marionnettes de Riyadh

Au même moment, plus au Nord, la vague de violence n'a jamais été telle dans le premier Etat chiite au monde : des attentas chaque jour, dans tous les lieux et dans tous les modes, des cratères plus énormes les uns que les autres et un désordre qui n'a jamais atteint une telle ampleur en Irak. On peut dire que les troupes américaines ont totalement plié bagages, bien que certaines unités subsistent dans le pays, mais les divers groupes alliés à al-Qaeda, ceux qui forment « l'Etat Islamique », n'avaient jamais atteint un niveau de violence aussi haut. A tel point que le porte-parole de l'Etat Islamique d'Irak (l'ensemble des groupes terroristes ralliés à al-Qaeda œuvrant en Irak contre le pouvoir chiite en place) a déclaré il y a quelques jours, qu'il « s'excusait » auprès des familles sunnites si les attaques avaient fait des morts parmi eux, mais que de toutes façons ils mouraient en martyres. « Nous préférons que tous les sunnites meurent en martyre plutôt que de se laisser gouverner par des chiites ».

La situation au Yémen n'est pas la même, mais je voulais attirer l'attention sur le fait que le véritable combat au Moyen-Orient, ce n'est pas celui des « Arabes contre Israël », mais un combat beaucoup plus souterrain entre chiites et sunnites qui fait intervenir la totalité des pays de la région, y compris Israël. La preuve avec cette déclaration du gouvernement saoudien qui vient d'admettre qu'il soutenait al-Qaeda en Irak, impliquant même la Syrie dont le service de renseignement a entraîné un membre de l'organisation terroriste, saoudien, afin qu'il agisse contre le régime irakien.