ISRAËL

Rumeur d’enlèvement d'un soldat : Tsahal débordée par les médias

Jeudi soir, nous recevons une information selon laquelle un soldat israélien aurait été enlevé près de l’aéroport Ben-Gourion de Tel Aviv. L’info proviendrait d’un article paru sur le site du "Jerusalem Post". Un article introuvable quelques minutes après sa publication, et pourtant l’info a déjà fait le tour du monde. Lire la suite…

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Capture d'écran du site du "Jerusalem Post". Le premier encadré montre le titre de la page "La police suspecte l'enlèvement d'un soldat près de l'aéroport Ben-Gourion". Le deuxième encadré indique que l'article est introuvable.

Jeudi soir, nous recevons une information selon laquelle un soldat israélien aurait été enlevé près de l’aéroport Ben-Gourion de Tel Aviv. L’info proviendrait d’un article paru sur le site du "Jerusalem Post". Un article introuvable quelques minutes après sa publication, et pourtant l’info a déjà fait le tour du monde.

L'armée israélienne a formellement démenti, dans la soirée de jeudi, la rumeur qui a mis les services de sécurité en alerte. Notre Observatrice revient sur l’affaire et nous explique comment l’info sur le déclenchement de l’état d’alerte a pu passer outre la censure militaire.

"L'armée a aussitôt mis un embargo, mais trop tard"

Lisa Goldman est journaliste et blogueuse à Tel Aviv.

L’alerte a été déclenchée vers midi par une femme soldat qui affirmait avoir vu un soldat israélien ligoté emmené de force dans un véhicule à proximité de l’aéroport de Tel Aviv. L’armée a immédiatement mis en place des barrages routiers tout autour de la ville, ce qui a eu pour conséquence de bloquer le trafic dans une bonne partie du pays.

Le journaliste du 'Jerusalem Post' affecté aux affaires de la police, qui écoute en permanence les communications radio de l’armée, a immédiatement mis en ligne un article relatant l’histoire. Mais l’armée a aussitôt mis un embargo sur l’information, obligeant le journaliste à retirer l’article du site. Trop tard. Tout le monde en parlait déjà sur Twitter et l’info avait déjà été reprise par des médias étrangers (CNN, BBC, etc).

Parallèlement au filtrage des routes, l’armée a commencé à contacter individuellement tous les soldats en service ce jour-là. Dans la soirée, ils se sont aperçus qu’il ne manquait personne à l’appel. C’est intéressant de voir qu’une femme à elle seule a pu paralyser la quasi-totalité du pays sur un simple coup de fil. Pour l’instant, personne ne sait ce qui s’est réellement passé mais le quotidien israélien le plus lu, 'Yediot Aharanoth' a consacré, vendredi, un reportage de quatre pages à ce sujet."

Pour échapper à l’embargo militaire sur l’information, les médias israéliens ont cité leurs confrères étrangers comme source.