DANEMARK

Un "ami personnel" de George Bush à la tête de l’Otan

Le nouveau secrétaire général de l'Otan est un personnage controversé. À la tête du Danemark pendant plus de sept ans, Anders Fogh Rasmussen s'est notamment illustré en participant à l'invasion en Irak en 2003, avant de prendre la défense du journal qui a publié les caricatures de Mahomet en 2006. Lire la suite...

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Image : Kevin Andersen sur Flickr.

Le nouveau secrétaire général de l'Otan est un personnage controversé. À la tête du Danemark pendant plus de sept ans, Anders Fogh Rasmussen s'est notamment illustré en participant à l'invasion en Irak en 2003, avant de prendre la défense du journal qui a publié les caricatures de Mahomet, en 2006.

Fin diplomate et adepte de la communication politique, Rasmussen jouit toujours d'une importante popularité au Danemark. Cependant, certains ne lui ont toujours pas pardonné d'avoir engagé son pays dans le bourbier irakien. En 2003, il n'avait pas hésité à suivre celui qu'il présente comme un "ami personnel", George W. Bush, à la recherche des prétendues armes de destruction massives de Saddam Hussein.

Par ailleurs, sa gestion de la crise des caricatures de Mahomet, en 2006, lui a valu le respect des défenseurs de la liberté d'expression. Il s'était battu avec vigueur en faveur du quotidien "Jyllands-Posten", qui avait publié les caricatures de Mahomet, déclenchant une série d'attaques contre des ambassades danoises dans plusieurs États musulmans.

Sa nomination à la tête de l'Otan marque un accomplissement pour cet atlantiste convaincu, dont beaucoup vantent le sens tactique.  

Rasmussen vu par la caricature

 

 

Image tirée du jeu de carte "The Liberators". Tous les partisans de la guerre en Irak y sont représentés.

(Photo : Kevin N. Andersen)

Une affiche anti-guerre datant de 2007. "Ritt (la maire de Copenhague) détruit la maison !! (en référence à la fermeture d'une maison de jeunes de la capitale danoise) Fogh détruit le pays !! Bush détruit le monde !!"

"Même mes amis de gauche sont fiers de lui"

Annika Stenom (pseudo) est une jeune étudiante en économie, membre du Parti libéral danois.

C'est la plus haute fonction qu'un Danois ait jamais occupée. Même mes amis de gauche sont fiers de lui, ce qui est très surprenant, car les Danois sont connus pour être jaloux du succès des autres. Pourtant, je n'ai pas encore croisé une seule personne qui soit critique à son égard.

Rasmussen est l'homme qu'il faut à l'Otan. Il fait toujours les choses justes au bon moment. Les journaux l'ont surnommé "l'homme au visage impassible". Il fait son travail sans laisser transparaitre ses émotions. Bien sûr, il fait copain-copain avec George W. Bush, mais le souvenir de la guerre en Irak s'est estompé après toutes les réformes utiles qu'il a menées dans le pays. Tous ces éléments positifs ont fini par faire oublier cette petite erreur."

C’est un vrai "controle freak"

Sanne Larsen est une journaliste danoise, qui vit à l'étranger.

Rasmussen, c'est un peu le Tony Blair danois. Il a profondément changé son pays lors de ces dernières années.

Il ne faut cependant pas oublier qu'il s'est fait élire Premier ministre sur le problème de l'intégration des immigrés. Il a ensuite gouverné à la tête d'une coalition de centre droit, soutenue par un parti d'extrême droite : le Parti du peuple danois.

Il est encore très populaire au Danemark, ses supporters, pour la plupart atteints du syndrome du petit pays, sont très fiers de sa nomination.

C'est un vrai 'controle freak', il est obsédé par son image et sa communication. Il réussi toujours à convaincre l'opinion, la presse et à même parfois l'opposition. A l'époque de la guerre en Irak, il y a avait de nombreuses manifestations dans le pays contre l'envoi de troupes aux côtés des Américains. Mais les gens ne lui en tiennent plus rigueur. Une fois de plus, il a réussi à retourner l'opinion publique en sa faveur.

C'est l'homme politique danois le plus fort dans la préparation de ses dossiers et en ce qui concerne sa communication. Il ne parle guère à la presse, hormis lors de sa conférence de presse quotidienne. Difficile de le prendre de court."