ALGÉRIE

En Kabylie, "un vrai risque de soulèvement populaire"

Samedi dernier, des habitants du village de Sikh Ounteddour, en Kabylie, ont bloqué la route nationale qui mène à Alger pour protester contre ce qu'ils appellent les "lourdeurs bureaucratiques" de l'administration, qui tarde à régler les problèmes de la population. Bloquer la route pour faire entendre sa voix est devenu une habitude dans cette région d'Algérie, prompte au soulèvement aussi bien politique que social. Lire la suite et voir la vidéo...

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Samedi dernier, des habitants du village de Sikh Ounteddour, en Kabylie, ont bloqué la route nationale qui mène à Alger pour protester contre ce qu'ils appellent les "lourdeurs bureaucratiques" de l'administration, qui tarde à régler les problèmes de la population. Bloquer la route pour faire entendre sa voix est devenu une habitude dans cette région d'Algérie, prompte au soulèvement aussi bien politique que social.

Vidéo publiée sur Youtube par algeriachannel

"Si le pouvoir ne réagit pas, nous irons plus loin"

Mohamed était parmi ceux qui ont coupé la route RN12.  Il est membre du Mouvement citoyen des Aarachs, la confédération des tribus kabyles.

Notre système de gouvernance n'aide pas la population à sortir de la pauvreté et du chômage. Nos jeunes n'ont rien à faire. Au lieu de les encourager à devenir de vrais hommes, le pouvoir les pousse à quitter le pays ou parfois à choisir entre le suicide, la drogue et le banditisme. Certains d'entre eux arrivent à l'âge de 40 ans sans jamais avoir travaillé. Par conséquent, ils n'ont que les émeutes pour se faire entendre.

Tant que nos revendications sociales ne seront pas satisfaites - nous réclamons notamment un plan d'urgence socio-économique pour toute la région de Kabylie -, nous bloquerons les routes pour faire entendre nos voix. J'étais un des premiers à avoir dressé le barrage samedi dernier. La population était avec nous. Les policiers ont tiré des bombes lacrymogènes dans des maisons, mais nous avons tenu bon. La route a été finalement rouverte hier. Mais si le pouvoir ne réagit pas, je vous garantis que, la prochaine fois, nous irons plus loin. Il y a un vrai risque de soulèvement populaire comme en 2001."