L'intervention de la Chine dans les affaires africaines a pris, depuis les années 1990, une ampleur considérable. Signe de l'influence grandissante de Pékin sur le continent noir, le premier quotidien en langue chinoise a vu le jour au Botswana.

Photo envoyée par Gideon Nkal, du journal Mmegi.

Pays semi-désertique d'Afrique australe coincé entre l'Afrique du Sud, le Zimbabwe et la Namibie, le Botswana tire sa principale source de revenus de l'exploitation minière (diamant, cuivre, etc.). Mais le pays jouit d'une stabilité économique et institutionnelle, ainsi que d'une liberté de la presse peu commune dans cette région du globe.

C'est là, à plus de 12 000 km de Pékin, que Miles Nan, entrepreneur chinois installé depuis 10 ans à Gaborone, la capitale botswanaise, a fondé le premier quotidien en langue chinoise du continent. Entre 5 000 et 6 000 Chinois - sur une population totale de 1,8 millions d'habitants - vivent au Botswana. Attirés dans un premier temps par le boom immobilier des années 1990, cette petite communauté a su diversifier ses activités en passant de la construction à l'industrie textile et, depuis peu, aux négoces de proximité, où foisonnent quantités de produits au sigle, déjà si familier en Occident, de "Made in China". Peu d'entre eux sachant lire l'anglais, Miles Nan a décidé qu'il était grand temps que la communauté chinoise ait son propre journal.

Correction (15/07/09 à 12h35) : ‘The Oriental Post' est un hebdomadaire et non un quotidien. C'est bien le premier journal en langue chinoise du Botswana, mais pas du continent. En effet, il existe déjà trois publications en Afrique du Sud dont la première, China Chronicles, ex-China Express, a paru pour la première fois en 1994. Merci à Danwei d'avoir pointé ces inexactitudes.

"Nous n’avons pas le droit de divulguer n’importe quelles informations"

Miles Nan, un pionnier de la Chine-Afrique, est le fondateur de "The Oriental Post", le premier quotidien chinois du continent noir. Il est PDG de Mileage (Pty) Ltd, une société de construction installée depuis 1999 à Gaborone, capitale botswanaise. Il est également secrétaire général de la Chambre de commerce chinoise dans le pays et préside plusieurs associations caritatives dont la sienne.

En fondant ce journal, j'ai voulu améliorer les relations entre Chinois et Botswanais. Les Chinois pourront mieux connaître l'Afrique, sa culture et sa diversité. Dans trois mois environ, nous envisageons de publier quelques pages en anglais pour que les Botswanais nous lisent également et qu'ils découvrent eux-aussi notre culture qui leur est si étrangère. 'The Oriental Post' traite de l'actualité nationale : économie, sport, divertissement et politique. Nous couvrons aussi l'actualité chinoise.

Concernant la politique chinoise nous n'avons pas le droit de divulguer n'importe quelles informations. C'est comme ça... [contactée par France24, l'ambassade chinoise de Gaborone a formellement démenti avoir un quelconque contrôle éditorial sur ce journal]. Nous espérons vendre 2 000 copies dans le pays. Et si ça marche nous projetons de tenter l'expérience dans d'autres pays d'Afrique où vivent d'importantes communautés chinoises."