IRAN

Opération "black-out", avec des fers à lisser les cheveux

Les opposants à Mahmoud Ahmadinejad n’osent plus organiser de manifestations dans la rue, tant la répression a été féroce. Ils imaginent donc d’autres moyens de poursuivre la lutte. Notre Observatrice, Sara, a participé hier soir à une opération "black out". Avec un fer à repasser et un sèche-cheveux, elle est parvenue à interrompre le discours télévisé du président.

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Les opposants à Mahmoud Ahmadinejad n’osent plus organiser de manifestations dans la rue, tant la répression a été féroce. Ils imaginent donc d’autres moyens de poursuivre la lutte. Notre Observatrice, Sara, a participé mardi soir à une opération "black-out". Avec un fer à repasser et un sèche-cheveux, elle est parvenue à interrompre le discours télévisé du président.

"J'ai reçu ce message : 'S'il vous plaît, allumez vos appareils électriques dès qu'Ahmadinejad apparaît à la télévision'"

Sara est étudiante à Téhéran.

Le soir, à l'heure du pic de consommation, nous mettons en route, tous au même moment, nos appareils électriques les plus gourmands en électricité : fers à repasser, fers à lisser les cheveux, sèches-cheveux, etc. On surcharge les relais électriques et ils tombent les un après les autres, créant un énorme 'black-out' dans Téhéran.

Cette technique a été utilisée à plusieurs reprises. Mais hier soir [mardi 7 juillet], juste avant le discours de  Mahmoud Ahmadinejad à la télévision, j'ai vu passer des Twitt, des messages sur Facebook et sur Balatarin [site de partage d'infos iranien] avec le même message : 'S'il vous plaît, allumez vos appareils électriques dès qu'Ahmadinejad apparaît à la télévision. Je crois que ça n'a pas marché à Téhéran. Par contre, il y aurait eu des coupures de courant dans des villes comme Ahvaz, Ispahan, Racht, Sari et des quartiers de Karaj. Même le programme de télé a dû être interrompu car l’IRIB [télévision d’Etat] a dû passer sur un générateur de secours [non vérifié].

Au même moment, comme de nombreux soirs, les gens sont sortis sur les toits pour crier 'Mort au dictateur'. En général, plutôt que de descendre dans la rue, nous participons maintenant à des opérations de type 'black-out' : on créé des embouteillages, on klaxonne, on fait des graffitis, etc. Mais demain [9 juillet], nous nous rendons à une manifestation devant l'université de Téhéran pour l'anniversaire de la révolte étudiante de 1999. Les gens pourraient bien recommencer à manifester."