JORDANIE

À bas la mangue israélienne !

Une manifestation d’agriculteurs et de syndicalistes jordaniens s’est soldée dimanche par 11 arrestations. Bien que la Jordanie et Israël aient signé un accord de paix en 1994 et qu’ils aient par conséquent des relations commerciales, les manifestants protestaient contre l’importation de fruits et légumes israéliens. Lire la suite...

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Une manifestation d’agriculteurs et de syndicalistes jordaniens s’est soldée dimanche par 11 arrestations. Bien que la Jordanie et Israël aient signé un accord de paix en 1994 et qu’ils aient par conséquent des relations commerciales, les manifestants protestaient contre l’importation de fruits et légumes israéliens.

Les manifestants, rassemblés devant le ministère de l’Agriculture, ont scandé des slogans anti-israéliens et brandis des photos d’enfants palestiniens tués durant l’offensive de janvier dernier dans la bande de Gaza. Ils ont également réclamé le limogeage du ministre de l’Agriculture, Said Masri, parce qu’il aurait failli à protéger les produits locaux en ne s’opposant pas à l’importation de fruits et légumes israéliens. En réponse, le ministre a déclaré à l’agence officielle Petra que 1 930 tonnes de produits agricoles israéliens ont certes été importés par le royaume hachémite depuis le début de l’année, mais que son pays refuse en revanche d’acheter des fruits et des légumes provenant des colonies juives. Les échanges commerciaux entre les deux pays sont nettement en faveur de l’Etat hébreu. Selon le Bureau central des statistiques israélien, les exportations d’Israël vers la Jordanie étaient de 207 millions d’euros en 2008, contre seulement 76 millions d’euros pour les exportations jordaniennes.

"Le consommateur jordanien a le droit de connaître l’origine des produits qu’il achète"

Abdel Hadi Falahat est le président du syndicat des ingénieurs agronomes. Il a participé à la manifestation de dimanche et a été interpellé par les forces de l’ordre.

Nous avons voulu exprimer, à travers cette manifestation, le refus du secteur agricole d’importer les fruits et les légumes de l’entité sioniste, et ce pour deux raisons : premièrement, Israël occupe des terres arabes ; deuxièmement, le secteur agricole israélien bénéficie de subventions, notamment de la Banque mondiale, de loin supérieures à celles accordées au secteur agricole jordanien. Il en résulte une concurrence déséquilibrée.

La Jordanie exporte vers le marché israélien des carottes, des pommes de terre, des poivrons, des concombres et des olives, tandis qu’elle importe de l’Etat hébreu des fruits exotiques tels que les mangues et les avocats. Mais ces mêmes fruits sont également cultivés ailleurs dans le monde arabe, par exemple au Soudan ou au Yémen.

La meilleure solution serait de mettre immédiatement un terme à l’importation de produits israéliens et de favoriser l’importation de produits d'autres pays arabes. Mais il est vrai que la Jordanie et Israël ont signé un accord de paix et que des échanges commerciaux existent de facto entre les deux pays. Nous demandons donc, au moins, que le consommateur jordanien ait le droit de connaître l’origine des produits qu’il achète. La provenance doit être clairement affichée en arabe.

Le peuple jordanien refuse la normalisation avec l’Etat hébreu et évite d’acheter des produits israéliens. Mais certains grossistes, attirés par l’appât du gain, recourent au mensonge et à l’escroquerie : ils vident de larges containeurs mentionnant la provenance des produits dans des petites caisses qui ne portent aucune indication, puis les vendent aux petits commerçants comme s’il s’agissait de produits jordaniens."

La manifestation

Postée par jordandays, le 5 juillet 2009.