CHINE

Les James Bond de la triche

La triche est vieille comme les examens. Mais les techniques utilisées par les étudiants de Songyuan (province de Jilin, dans le Nord) pour réussir le "gaokao", le concours d'entrée à l'université, relèvent de l'exploit technologique. Gommes munies d'écrans miniatures, règles avec caméra intégrée, oreillettes, on est bien loin des antisèches collées au fond des trousses. Lire la suite...

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La triche est vieille comme les examens. Mais les techniques utilisées par les étudiants de Songyuan (province de Jilin, dans le Nord) pour réussir le "gaokao", le concours d'entrée à l'université, relèvent de l'exploit technologique. Gommes munies d'écrans miniatures, règles avec caméra intégrée, oreillettes, on est bien loin des antisèches collées au fond des trousses.

Chaque année en juin, plus de 10 millions de lycéens chinois passent le "gaokao". Un examen crucial pour les étudiants : 40 % seront recalés, les autres seront recrutés par les universités en fonction de leur note.

Le procédé, révélé par le journal China Youth, est le suivant : l'étudiant transmet les questions à des personnes à l'extérieur de la salle d'examen au moyen de mini-caméras ou de micros placés dans une gomme ou une règle. Il reçoit ensuite les réponses par le biais d'une oreillette ou d'un écran caché dans ses fournitures scolaires.

Difficile de connaître l'ampleur du phénomène. Selon les médias locaux, la police de Songyuan a confirmé avoir identifié 33 lycéens ayant triché lors de l'examen et procédé à 34 arrestations de personnes suspectées de fournir les équipements.

A gauche, la gomme qui affiche les réponses ; à droite, celle qui transmet la voix du candidat. Source : Xinhuanet.

Une règle munie d'un écran où s'affichent les réponses. Source : Xinhuanet.

 

 

L'oreillette qui transmet les réponses aux candidats. Source : Sohu.

Le dessin explique le procédé. L'étudiant dispose d'une oreillette qui le relie à un "groupe de triche" qu'il paie pour lui fait parvenir les réponses.

"On peut donner des pots-de-vin aux professeurs qui surveillent l’examen"

Wang Jun (pseudo) est le père d'un lycéen qui a passé le "gaokao" à Songyuan.

Cette histoire de triche est vraiment incroyable. Je sais qu'un lycéen dans la même promotion que mon fils a eu  549 points au 'gaokao' cette année, alors qu'il n'avait eu que 300 ou 400 points à tous les examens blancs. Comment est-ce possible ? Parce qu'il a triché, c'est clair !

Il y a deux méthodes de triche très répandues ici. On peut donner des pots-de-vin aux professeurs qui surveillent l'examen, il y en a huit dans chaque salle de conférence, puis payer le meilleur lycéen de sa classe pour qu'il vous donne les réponses. Cela coûte 4 000 yuans [420 euros] par session d'examen. On peut également utiliser des appareils qui transmettent de l'image et du son, ce qui coûte environ 5 000 yuans [520 euros].

Ces tricheurs rendent le 'gaokao' vraiment injuste pour les autres lycéens. Mon fils a été très affecté par cette affaire. Il est déprimé car il sait que des tricheurs ont pris sa place dans les meilleures écoles. Je veux que le gouvernement de Songyuan enquête sérieusement sur cette affaire, punisse tous les coupables et nous rende justice."