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Siemens et Nokia aideraient l’Iran à surveiller ses internautes : le Wall Street Journal exagère-t-il ?

Selon le quotidien international Wall Street Journal (WSJ), les entreprises européennes Nokia et Siemens auraient fourni à l'Iran un système de "grande ampleur" permettant "d'intercepter les communications en ligne" des internautes iraniens. Lire la suite...

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Selon le quotidien international Wall Street Journal (WSJ), les entreprises européennes Nokia et Siemens auraient fourni à l'Iran un système de "grande ampleur" permettant "d'intercepter les communications en ligne" des internautes iraniens.

Le WSJ affirme qu'une joint-venture créée par Nokia et Siemens aurait installé au sein d'une entreprise de télécommunications d'État iranienne un "centre de contrôle" permettant d'inspecter le trafic web. La technologie utilisée serait le "deep packet inspection", qui permettrait à la cyberpolice d'ouvrir les paquets d'informations transmis sur le Net et de surveiller les internautes. Le journal cite un porte-parole de la joint-venture qui reconnaît avoir fourni ce type de technologie à l'Iran, tout en expliquant que "si on vend un réseau, on vend forcément, aussi, la possibilité d'intercepter les communications qui y circulent".

L'information du Wall Street Journal a été reprise par des dizaines de médias américains. Une fois révélée, elle a commencé à faire des vagues sur les réseaux sociaux. Plusieurs groupes appelant au boycott des produits de Siemens et de Nokia ont, par exemple, vu le jour sur Facebook (un exemple).

FRANCE 24 a contacté Ben Roome, le porte-parole de la joint-venture auquel a parlé le WSJ. Il nie de manière définitive que son entreprise ait fourni à ce pays des technologies d'interception ou de filtrage d'Internet. Sa société aurait uniquement vendu à l'Iran un système permettant d'écouter les conversations passées à l'aide de téléphones portables. En revanche, celui-ci est resté très évasif quant à savoir si cette technologie permettait d'intercepter des SMS...

La vente à l'Iran de moyens d'écoutes téléphoniques est donc confirmée. Toutefois, il ne semble pas que les entreprises européennes aient participé à la création de systèmes de surveillance d'Internet, comme le laisse entendre l'article du WSJ.

"Le WSJ a certainement exagéré les choses, mais cela ne change pas le problème"

Chilien, Andres Roman est chercheur en politique sociale à la London School of Economics de Londres. Il a lancé un groupe sur Facebook pour appeler au boycottage des produits vendus par Nokia et Siemens.

Je n'avais pas eu l'information par le Wall Street Journal (WSJ), mais par la BBC. Le WSJ a certainement exagéré les choses, mais cela ne change pas le problème. Je comprends que l'on vende un système d'écoutes à un pays démocratique dans lequel il existe des contre-pouvoirs, mais pas à des pays comme l'Iran, la Chine ou la Birmanie, dans lesquels la loi ne protège pas la vie privée des citoyens."