DANSE

Jeune, dynamique et hors cadre

Augmentation des cadences de travail, angoisse du chômage, petites crasses entre collègues... Le cadre, jadis petit protégé de la société, souffre dans son costume bien repassé. Aujourd'hui, face à la crise, tout va de mal en pis. La troupe de danse explore les malheurs de ces cadres, soumis à des pressions de plus en plus fortes. Dans les rues du XIe arrondissement de Paris, les danseurs se transforment en primates, soldats, tyrans, zombies et se mêlent aux passants. Selon les spectateurs du , la performance "Homo sapiens burocraticus" les touche là où ça fait mal.  

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Augmentation des cadences de travail, angoisse du chômage, petites crasses entre collègues... Le cadre, jadis petit protégé de la société, souffre dans son costume bien repassé. Aujourd'hui, face à la crise, tout va de mal en pis. La troupe de danse Compagnie n°8 explore les malheurs de ces cadres, soumis à des pressions de plus en plus fortes. Dans les rues du XIe arrondissement de Paris, les danseurs se transforment en primates, soldats, tyrans, zombies et se mêlent aux passants. Selon les spectateurs du festival Onze Bouge, la performance "Homo sapiens burocraticus" les touche là où ça fait mal.

 

 

"C'est le bug informatique, le bug du corps, qui doit être partout, à tout moment"

Philippe Ménard, chorégraphe français, a créé le spectacle "Homo sapiens burocraticus" en 2007, avec le clown et metteur en scène Alexandre Pavlata. Pour la première fois, il est sorti du théâtre pour écrire une danse de rue.

Le projet n'avait pas du tout de rapport avec la crise. Il est né avant, en 2007. Nous, on avait envie de parler de l'oppression des rythmes de travail, du monde financier, des gens en costume-cravate...

On voulait aborder les tensions du corps, c'est quelque chose qui parle à tout le monde. La pression du travail, de la rentabilité, de l'efficacité, de la performance... Tout le monde sait ce que c'est aujourd'hui. On est parti de là, du costume et du corps. Que se passe-t-il en nous lors de cette oppression, de ces tensions ? C'est le bug informatique, le bug du corps, parce qu'il doit être partout, à tout moment.

 

La troupe a aussi travaillé sur une déambulation entre marche militaire et parade de majorettes. On ne sait pas trop ce que c’est. Quelquefois, c’est très drôle et parfois, c’est plus grinçant. Les danseurs sont à la fois les bourreaux et les victimes. On n’essaie pas de stigmatiser qui que ce soit, mais d’aller dans tout ces rôles-là et de mettre en relief les états de corps."

 

 

"Une bonne photographie de ce qui se passe"

Christina, cadre et spectatrice de "Homo sapiens burocraticus", commente la performance réalisée samedi dernier par les acteurs.

C'est vraiment super ! On a été ému parce que le sujet est vraiment dans l'air du temps; on parle des cadres, de la surproductivité au travail... En plus, le spectacle avait la force d'un happening avec toute la spontanéité des acteurs que cela implique.

Je suis moi-même cadre. Travaillant en entreprise, [ce qui est décrit dans le spectacle] me parait un peu normal. Ça ne m'étonne pas du tout.

Je pense que [le metteur en scène] a pris une bonne photographie de ce qui se passe en ce moment. Voir le spectacle, cela permet de relativiser, de se rendre compte qu'il n'y a pas de raison de se mettre dans cet état-là."