Photo prise par Israël Yoroba Guebo.

Dix-neuf personnes sont mortes depuis le début de la saison des pluies à Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire. Notre Observateur met en cause la négligence des autorités.

Un bidonville d'Abidjan sinistré

Photo prise par Israël Yoroba Guebo.

"Le terrain glisse et les maisons s'effondrent"

Israël Yoroba Guebo est journaliste et blogueur à Abidjan. Il tient Le  blog de Yoro.

Il pleut sans cesse. Les zones les plus touchées sont celles qui sont enclavées, comme les quartiers de Banco I et de Boribana, dans la commune d'Attécoubé. Ici, on les appelle les "bidonvilles à risque". Les habitations y sont très précaires car la zone n'est pas adaptée à la construction. Le sol tient un temps, mais dès que les pluies diluviennes de juin arrivent, le terrain glisse et les maisons s'effondrent. Une famille entière a été engloutie par la boue dans son sommeil, ce week-end.

Le gouvernement dit avoir lancé le "déguerpissement" [évacuation des zones à risque]. Mais je suis allé voir sur le terrain ce qu'il en est, et la plupart des gens sont encore là-bas. Tous les ans au mois de juin, c'est la même chose, mais rien n'est fait. En Côte d'Ivoire, on ne sait pas anticiper. Le gouvernement préfère indemniser. C'est ce qu'on appelle ici les "décisions après la mort". L'année dernière, on a construit des maisons pour des familles sinistrées. Mais aucun investissement n'est jamais fait en amont.

Quand je vois que chaque ville investit des millions de francs CFA pour entretenir des monuments ou pour planter des fleurs, je me dis qu'il serait plus logique de commencer par investir dans des infrastructures adaptées pour sauver des vies."

Cocody, le quartier d'Abidjan, sous le déluge

Photos prises par Israël Yoroba Guebo