PÉROU

Clashs avec les indigènes : la police étouffe-t-elle l’affaire ?

La police prétend avoir été attaquée par des indigènes munis de lances. Eux affirment, en revanche, avoir été massacrés par les autorités. Quoi qu'il en soit, des dizaines de personnes ont trouvé la mort dans les affrontements qui se sont déroulés dans la matinée du 5 juin dans la province de Bagua, dans le nord du Pérou, sans que personne n'arrive à savoir ce qui s'est vraiment passé. Lire la suite et voir les photos...

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© Amazon Watch

La police prétend avoir été attaquée par des indigènes munis de lances. Eux affirment, en revanche, avoir été massacrés par les autorités. Quoi qu'il en soit, des dizaines de personnes ont trouvé la mort dans les affrontements qui se sont déroulés dans la matinée du 5 juin dans la province de Bagua, dans le nord du Pérou, sans que personne n'arrive à savoir ce qui s'est vraiment passé.

La répression a commencé tôt dans la matinée, lorsque 400 policiers ont pris d'assaut un barrage routier érigé par des activistes indigènes. Ces derniers protestaient contre un accord commercial qui autorise les compagnies étrangères à forer du pétrole et du gaz dans la région. Une autorisation qui aboutirait, selon eux, à la dévastation de leurs terres.

 

Les autorités ont parlé d'une rébellion sanglante qui aurait fait 25 morts au sein de leurs équipes, 9 parmi les civils. Quarante-trois personnes auraient été arrêtées par la suite.

Les manifestants et leurs sympathisants assurent pourtant que des dizaines d'indigènes ont été tués par balles par des policiers, que des centaines auraient été blessés dans les affrontements et que  plus de 150 ont disparu dans ce qu'ils appellent désormais  "le massacre".

Selon les sympathisants de la cause indigène, la police essaie désormais de dissimuler l'ampleur de la violence employée contre les manifestants en retirant les corps des hôpitaux pour aller les jeter dans un ravin en hélicoptère.

Le président Alan Garcia Perez : "Terminator"

Jeudi, près de 20 000 Péruviens sont descendus dans les rues de la capitale en signe de soutien aux activistes indigènes. Bien que ponctuée par quelques arrestations, la manifestation s'est globalement déroulée dans le calme.

 "Terminator II"

"Arrêtez les massacres dans la jungle ! Nous sommes tous des Amazoniens."

"Les assassins en prison. Des centaines d'Amazoniens ont été assassinés."

"En 1985 à Ayacucho. Aujourd'hui, en 2009, Bagua"

Des policiers jettent des gaz lacrymogènes.

Images postées sur Facebook par Christian Reynoso.

Les images des affrontements postées par Amazon Watch

Ces photos ont été prises par un reporter anonyme pour le groupe de militants écologistes Amazon Watch. Le groupe avait déjà posté les images amateurs d'une intervention de police datant du 22 mai dernier

Vidéo diffusée par les médias locaux

Ces images ont été filmées par le reporter d'une chaîne de télévision basée à Lima, Frecuencia Latina TV. Le reportage a été traduit par le YouTuber PhotoVideoBlogger et posté, parmi d'autres vidéos, par le blogger péruvien "Peruanista".

"Les autorités ne font attention qu’aux officiers de police"

Miguel Angel Checa Bernazzi, 44 ans, est originaire de la ville amazonienne d'Iquitos, dans la province de Loreto, dans le nord-est du Pérou. Il est consultant financier et écrit un blog sur les Amazoniens : "Desde La Amazonia".

C'était de la pure barbarie. Il devait y avoir des milliers d'indigènes et des centaines d'officiers de police. Ces derniers, composés de membres de la police nationale et de militaires, n'étaient pas des adversaires à la mesure des indigènes qui, eux, étaient armés de flèches et de lances, c'est-à-dire de leur équipement traditionnel pour chasser ou se défendre. C'était complètement disproportionné.

Les autorités ne font attention qu'aux officiers de police qui "sacrifient" leur vie pour la bonne cause. La presse fait à peine mention des indigènes. Le véritable nombre de morts est dissimulé et le nom même de ce qu'ils sont - des indigènes, des autochtones - n'est jamais prononcé par les officiels. On parle d'eux en tant que 'civils', ce qui est vrai, mais c'est un moyen de minimiser l'importance de leurs origines."