ZIMBABWE

Les recrues de la police zimbabwéenne bizutées à coup de bâtons

La police de Robert Mugabe est connue pour ses méthodes musclées. Lorsqu'on voit la manière dont les jeunes recrues sont entraînées, on comprend mieux leur goût pour la matraque. Lire la suite et voir la vidéo amateur...

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La police de Robert Mugabe est connue pour ses méthodes musclées. Lorsqu'on voit la manière dont les jeunes recrues sont entraînées, on comprend mieux leur goût pour la matraque.

Les officiers crient "Wuraya !" ("Tue-le !"). Ils appellent ce bizutage "le jour de paie".

Cette vidéo a été envoyée à un journaliste de la SW Radio Africa, un média d'opposition basé à Londres. Selon le journaliste, cette scène se serait déroulée il y a deux mois au dépôt de police de Tomlinson, à Harare.

"Ces bastonnades sont un avant-goût de ce que les recrues vont faire subir à la population"

Robb Ellis, 46 ans, a été élevé et a vécu au Zimbabwe, avant de s'envoler, il y a une dizaine d'années, pour le Royaume-Uni. Entre 1981 et 1985, il a travaillé comme agent de police à Harare, au dépôt Morris, situé à proximité du lieu où ont été filmées ces images.

Quand je suis entré dans la police au début des années 1980, le camp d'entraînement était difficile, mais jamais en tant que recrues nous n'avons subi de telles violences. La matraque qu'ils utilisent est une arme redoutable, elle est fabriquée dans un plastique très dur, comme du caoutchouc. On nous entraînait à les utiliser pour immobiliser quelqu'un en quatre coups. Un sur chaque coude et un sur chaque genou.

Quand vous entrez dans la police aujourd'hui au Zimbabwe, vous devez vous acheter votre propre uniforme et votre nourriture, il faut vraiment vouloir y aller. La plupart des recrues étaient auparavant membres des milices de jeunes de Robert Mugabe [président du Zimbabwe]. Ils débarquent ici parce qu'ils soutiennent la Zanu-PF [le parti de Mugabe]. Mais d'autres ont été convaincus de rejoindre les forces de police. Vous signez au quartier général en haut de la rue et, quand on vous emmène dans la caserne un peu plus bas, c'est déjà trop tard. Une fois intégré aux forces de police, il est quasiment impossible d'en sortir. Dernièrement, j'ai lu que le gouvernement de Mugabe avait rendu illégal le départ de la police avant d'avoir fait 10 ans de service. Je n'ai, pour ma part, servi qu'un peu plus de quatre ans. Mon départ a été accéléré par le Gukurahundi [conflit armée entre le gouvernement de Robert Mugabe et l'opposition menée par Joshua Nkomo]. J'ai bien senti que le pouvoir en place n'avait pas besoin d'un officier blanc dans ses rangs.

Ces bastonnades, selon moi, sont un avant-goût de ce que les recrues vont faire subir à la population pour servir ce qu'ils appellent leur 'devoir'. C'est très triste que Mugabe et ses sous-fifres aient abaissé le niveau d'entraînement de la police à un tel niveau. Etant donné que, sous Mugabe, les forces de l'ordre sont à la botte du pouvoir, personne ne lance de poursuites contre les policiers violents. Le fait que ces hommes se filment et postent ces images sur le Net montre bien qu'ils n'ont aucun scrupule à faire ce qu'ils font.

Il me semble que ce bizutage s'appelle 'pay day' [jour de paie] car ça se passe le 25e jour du mois, le jour où les soldats sont payés. Et ils doivent bien mériter leurs paies..."