Sinaï

À travers le désert pour rejoindre Israël

Notre Observateur dans la ville de Cheik Zouwayed, dans le nord du désert du Sinaï, nous fait parvenir une vidéo d’immigrés clandestins franchissant la frontière avec Israël. Un voyage d’où certains ne reviennent jamais.

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Notre Observateur dans la ville de Cheikh Zouwayed, dans le nord du désert du Sinaï, nous fait parvenir une vidéo d’immigrés clandestins franchissant la frontière avec Israël. Un voyage d’où certains ne reviennent jamais.

Israël, qui dispose d’une frontière de 200 km avec l’Egypte, est devenu un eldorado pour de nombreux Africains cherchant à fuir la misère et les guerres. Des centaines de Soudanais du Darfour, où la guerre fait rage depuis 2003, affluent notamment vers l’Etat hébreu en traversant la poreuse frontière qui le sépare d’Egypte. Selon le rapport 2008 de l’ONG Human Rights Watch, intitulé "Les Périls du Sinaï", jusqu’à 100 personnes franchissent parfois la frontière israélo-égyptienne en une nuit.

Israël a entamé récemment la construction d’une clôture de sécurité pour freiner la vague d’immigration, mais aussi pour lutter contre le trafic de drogues et l’infiltration de kamikazes en provenance de la bande de Gaza qui font le détour par le Sinaï.

Dans son rapport, Human Rights Watch recense 10 clandestins morts en 2007 et 23 en 2008, pour la plupart des Soudanais et des Erythréens, tués par les gardes-frontières égyptiens.

"Des passeurs bédouins les aident à franchir la frontière"

Ashraf Al-Anany est écrivain et blogueur. Il vit dans la ville de Cheikh Zouwayed, dans le nord du désert du Sinaï, et nous fait parvenir cette vidéo qui aurait été filmée par un passeur.

Dans le passé, Israël a ouvert les portes de l’immigration pour rompre son isolement dans un milieu arabe hostile. Il y a eu deux grandes vagues d’immigration : la première, des Russes, dans les années 1990, est vite devenue incontrôlable. Bon nombre de ces clandestins ont rejoint le crime organisé.

Le deuxième vague est celle des Africains, notamment des Soudanais qui tentent de fuir le conflit au Darfour. Pour ces immigrés clandestins, Israël est plus proche que l’Europe et les tarifs des passeurs beaucoup moins chers, entre 880 et 1 800 euros, contre 20 000 euros pour l’Europe [5 000 euros selon nos informations].

Les immigrés arrivent en Egypte munis d’un visa touristique, puis ils se rendent dans le désert du Sinaï, où des passeurs bédouins les aident à franchir la frontière. Mais ces derniers temps, les gardes-frontières égyptiens et israéliens sont en état d'alerte maximum. On a récemment retrouvé le cadavre d’un Africain à la frontière. Il a peut-être été tué lors d’un accrochage entre les passeurs et les forces de l’ordre égyptiennes. Les passeurs sont généralement très discrets sur leur activité et sont méprisés par la population du Sinaï."

Des clandestins franchissant la frontière israélo-égyptienne

Vidéo postée sur le blog anani12

La frontière israélo-égyptienne

Photo postée sur Flickr par José Maldonado